HANDI-MENTAUX

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UNE ASSISTANCE SEXUELLE POUR LES HANDICAPES ?

Une assistance sexuelle pour les handicapés ?

 

 

Vendredi 2 décembre, l’ex-député UMP Jean-François Chossy a remis Premier ministre un rapport sur le regard de la société sur le handicap. Selon lui, «toute personne doit pouvoir recevoir l’assistance humaine nécessaire à l’expression de sa sexualité».

 

Dans un rapport de 27 pages consacré à « L’évolution des mentalités et le changement du regard de la société sur les personnes handicapées », Jean-François Chossy aborde dans un chapitre la question de la vie sexuelle des handicapés. Réalisé à la demande de François Fillon, cette étude soulève la question de l’assistance sexuelle pour les handicapés, jugeant « urgent » de réfléchir sur le sujet.

La question fait rage. Entre les féministes qui assimilent l’assistance sexuelle à de la prostitution, et les défenseurs du statut d’assistant sexuel qui distinguent l’aide d’une part, et la prostitution de l’autre (alors qu’il s’agit tout de même d’un rapport tarifé), on ne sait plus où donner de la tête. Mais attention, être en faveur de l’assistance sexuelle pour les handicapés ne veut pas forcément dire être pour la prostitution.

Thierry Lodé, professeur d’écologie évolutive, paraplégique et libertaire (ce sont ses mots) tientà ce que cette distinction terminologique soit bien claire «Soyons immédiatement clairs : je suis pour l’abolition de la prostitution comme je suis pour l’abolition du travail salarié et contre toutes les oppressions. Et cependant, cela ne m’empêche nullement d’être pour l’assistance sexuelle des handicapé-e-s de même que favorable à l’expression des syndicats des travailleuses et travailleurs du sexe».

Prostitution ou assistance ?

Dans une tribune publiée sur le site de Rue89, le philosophe et sexologue David Simard se penche sur la différence entre ces deux terminologies. Alors, il est vrai qu’il y a tout de même prostitution, dans la mesure où il y a tarification des rapports sexuels. Mais cela ne veut pas dire qu’il y a une relation entre dominant et dominé, et que l’action se déroule sous la contrainte. Et ça, ça fait une sacrée différence.

Dans les pays où le statut d’assistant sexuel existe (Allemagne, Pays-Bas, Danemark, Suisse), le suivi d’une formation, souvent sélective, est un pré-requis obligatoire pour pouvoir accéder au métier d’assistant sexuel. Celle-ci a pour but d’initier les participants à une formation théorique sur les différents types de handicap physiques et mentaux et de manipuler le corps selon leur type de handicap. Elle pousse de surcroît le futur assistant à s’interroger sur son rapport à la sexualité. Il demeure très important que celui-ci ait une vie équilibrée et une sexualité saine.

Le droit à une vie affective

En fait, la question sous-jacente au débat n’est pas celle de la différence entre assistance et prostitution, mais plutôt du droit à une vie affective, comme le souligne Marcel Nuss,  membre du syndicat sexuel et ancien vice président de l’association CH(S)OSE. L'association : "Assohandicap" assohandicap@live.fr.

Marcel milite pour l’accès affectif à la vie affective et sexuelle. Pour lui, « les personnes handicapées sont souvent asexuées. Elles sont manipulées tous les jours. Je dis bien manipulées, pas touchées. L’accompagnement sexuel est là pour reconstruire tout cela. Il permet de redonner à la personne, conscience de son corps, confiance en elle. En ses capacités, en son humanité. C’est primordial. Sans cette affection, les gens sont desséchés, vidés ; ils n’ont plus d’énergie saine ».

Ce discours rejoint tout-à-fait celui de Jean-François Chossy. Tous deux voient davantage en l’assistance sexuelle une prestation sensuelle que purement sexuelle : « cela ne veut pas dire forcément aller jusqu’à l’acte sexuel. Cela peut être une découverte de son corps, des caresses, des câlins, une approche affective. Il faut les aider dans certains cas de la façon la plus simple, la plus digne, la plus humaine possible ».

Un échange réalisé en toute dignité, donc.

A titre informatif, le Magazine Faire Face et l’association CH(s)OSE lancent une pétition sur Internet en faveur de l’assistance sexuelle pour les personnes en situation de handicap en France.

 

 



31/10/2012
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