HANDI-MENTAUX

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SEXUALITE ET HANDICAP MENTAL

 

 

 

 

Sexualité et handicap mental


1. INTRODUCTION

De nos jours, il semble aller de soi, comme un acquis d'une modernité éclairée, de parler de la sexualité des personnes handicapées mentales, surtout lorsque nous sommes dans un milieu concerné, que ce soit comme parents ou comme professionnels. On affirme alors facilement que ces personnes sont comme tout le monde et que, la sexualité appartenant au domaine privé, nous n'avons pas à nous y intéresser, renvoyant chacun au droit commun comme aux pratiques admises dans le secret des alcôves.

Malheureusement, une telle affirmation relève au mieux d'une volonté naïve que tout se passe bien, au pis d'un pur déni : les difficultés et les nombreuses questions que nous renvoie la réalité de la vie quotidienne sont là pour nous rappeler que rien n'est simple dans ce domaine, essentiellement parce que nous avons affaire à des personnes vulnérables.
Commençons par prendre un peu de recul pour mieux... 
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2. La société historique : le temps du groupe

La société est hiérarchisée et structurée. Les modèles sont prégnants et forts, très nettement sexués ; ils incitent à l'identification. La transmission est clairement établie à tous les niveaux dans de petits groupes qui restent fortement cohésifs, comme le village. Dans ces microsociétés, chacun apprend depuis l'âge le plus tendre, essentiellement par immersion et observation des plus âgés, ce qui est interdit, ce qui se fait et comment. Les partenaires potentiels étant strictement définis, l'appariement (et a fortiori le rapport sexuel) avec une personne déficiente est inimaginable. Cette dernière reste chaste car on ne peut la désirer. Si elle se montre entreprenante, elle entraine des réactions de défense brutales et sans appel. Un comportement inadapté et agressif pourra bien être traité à coups de bâton, jusqu'à ce que la personne qui le présente " entende " raison, c'est-à-dire qu'elle retrouve une attitude neutre ou soumise. C'est encore ainsi que cette situation se règle dans les sociétés traditionnelles.

Dans ce contexte où les interdits sont présents au point de sembler infrangibles, des aménagements sont néanmoins possible jusqu'à permettre les plus improbables accouplements. C'est ce qu'illustre très bien... 
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3. La société actuelle : le temps de l'individu

Dans la société d'aujourd'hui, les modes de relation et de transmission ont bien changé. La contrainte éducative est suspectée de traumatiser les enfants qui deviennent des interlocuteurs équivalents aux adultes. Les différences entre sexes, les âges ou les fonctions sont minimisées ou réfutées. Du coup, tout devient possible, tout paraît négociable.

UN tel fonctionnement est idéal pour remettre en question les interdits fondamentaux puisque, comme aux autres, on leur cherche une légitimité qui relève de la rhétorique (alors qu'ils ne se fondent que sur leur propre nécessité). C'est une porte ouverte à la perversion qui définit sa loi et sa raison. Dans ce contexte,... 
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4. La pulsion comme trait d'union historique

En deçà des figures d'ange ou de bête, l'idée demeure qu'un besoin sexuel existe chez les personnes handicapées mentales, parfois sous une forme pressante qui fait parler de pulsion. Si l'idée est juste, ses déclinaisons le sont moins. Ici, en effet, le terme de pulsion prend une dimension inflationniste, s'apparentant à un désir totalement irrépressible, pouvant conduire la personne qui le vit à des actes irresponsables, inconvenants ou dramatiques, c'est-à-dire, pour être clair, à un viol par exemple, dont seraient victimes préférentiellement de jeunes enfants de surcroît. Croire cela revient à considérer la personne handicapée comme inéducable et insensible aux effets structurants et identifiants de la parole et de l'interdit. Une telle personne ne serait qu'une somme d'instincts voués à la seule satisfaction.

Or, si le concept de pulsion est très complexe,... 
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5. Ecoute et accompagnement

Notre société est devenue individualiste. Comme, dans la négociation, la loi du plus fort menace chacun, le groupe doit défendre les plus démunis. Les handicapés font forcément partie de ceux-ci. Comme ils sont menacés par les pervers potentiels, toute relation dissymétrique sera suspectée et interdite, assimilée à de la pédophilie, par l'intermédiaire de la notion de personne fragile. Pour être licite, une relation devra donc être entérinée par un tuteur (au moins symbolique) alors que nous repérons de plus en plus nettement que nous avons du mal à imaginer que les personnes handicapées aient une autre sexualité que celle qu'ils partageraient entre eux. La sexualité qui en découlera sera sous tutelle.

Avec une telle émotion, nous arrivons à mettre en place une sexualité accompagnée, comme pour certains handicapés moteurs qui ont besoin d'un tiers pour les aider à accomplir des mouvements impossibles et indispensables comme l'intromission du pénis dans le vagin ou dans l'anus. Cette place de troisième (qui n'a rien à voir avec celle du tiers), quand elle n'est pas négociée comme " acte de soins ou l'accompagnement ", relève habituellement du domaine de la perversion.

Dans le cas du handicap mental et sous prétexte de protections, nous aurions donc remplacé une perversion possible et libre par une autre encadrée...
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31/10/2012
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