HANDI-MENTAUX

HANDI-MENTAUX

LA VIE AFFECTIVE DES HANDICAPE(ES) MENTAUX

 RESPECTER LES DESIRES DES PERSONNES HANDICAPE(ES),  SUR LE PLAN DE LEUR VIE AFFECTIVE ET SEXUELLE.


TOUS SERVICES ACCUEILLANT DES HANDICAPE(ES)

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Handis_services@yahoo.fr

 

Handi-limoux@hotmail.fr

 

 

http://handis-mentaux.blog4ever.com

 

 

 

                                                                                               

                                                                             Tous services accueillant des personnes handicapées.

 

 

’Animateur pour personnes handicapées mentales, et physique, atteintes de disgrâces physiques diverses, et de ce fait, sont discriminées, jusqu’à leur vie intime, sociale, et peut être sur le plan des activités de loisirs.

 

 

 

 

Actuellement, étant moi-même reconnu comme handicapé, et ayant fréquenté diverses personnes portants divers handicaps. Leur étant venu en aide plusieurs fois, selon leurs demandes, en ayant reçue également à mon domicile. Souhaite vivement mettre mes atouts au service de votre association, car je pense correspondre au profil du poste que je me permets de vous demander.

 

En effet, de par mon expérience d’handicapé moi-même, reconnu par la MDPH de Carcassonne, d’une part, et grâce à la fréquentation durant plusieurs années de personnes en situation de handicap, en particulier au niveau psychique et mental (léger)., grâce a ces  années, durant lesquelles, j’ai côtoyé ce type de personne, et que j’ai reçu à mon domicile, à plusieurs reprises, où par des visites régulières, dans les services, où elles résidaient pour des séjours plus ou moins longs. Je possède l'ensemble des connaissances et des qualités indispensables pour contribuer par l’activité au maintien de la vie sociale des personnes handicapées mentales.

 

Ainsi, je saurai proposer des activités diverses, et d’ouverture aux autres, discutions, loisirs, afin de les aider à s’intégrer et à améliorer l’image qu’elles ont d’elles mêmes.

 

Une collaboration, ou un partenariat avec vos services au sein de votre structure me permettra d'évoluer dans mon parcours personnel et professionnel.  Je pense être dynamique, créatif, réactif, relativement patient, sociable et ouvert, je n'aurai aucune difficulté à intégrer votre équipe.

 

 

Actuellement en poste pour l’association Assohandicap, que j’ai créé en 2010, à Limoux, enregistrée en sous-préfecture sous le n° : W112000945, je suis à la recherche d'un d’une activité à temps partiel, afin de me rendre utile envers les personnes reconnues et en situation de handicap, tout en étant autonome. Je compte me baser, pour ces interventions sur la loi du 11 février 2005 dont je possède d’importants articles.

.

 

 Au cours de ma fréquentation de ces personnes, dont j’ai reçue à mon domicile certaines d’entre elles, dont une jeune femme pensionnaire dans une structure basée à Castelnaudary, venant, se ressourcer à la clinique des Tilleuls ici à Limoux, une semaine par mois. Il s’avère que lors de ses séjours, je lui rendais visite, toutes les après midi, et l’ai également reçue à mon domicile. Je lui ai également rendu visite, à Castelnaudary.  , j'ai pu acquérir les connaissances indispensables en matière d’animation, activités culturelles etc... Je prendrai en charge les personnes handicapées mentales avec respect et écoute.ma situation d’handicapé, m’a permise d’approfondir mes connaissances de l’animation et du public des personnes handicapées mentales. De plus, sociable et à l’écoute, je saurai travailler en équipe et suivre les consignes.

 

Au cours de mon expérience je me suis rendu utile auprès des personnes handicapées mentales afin de proposer des activités en faveur de leur intégration sociale et de leur bien-être. Par comme je l’indique, des visites, des discutions, j’ai réussi à apprendre à une femme handicapée, à créer en quelques minutes un site internet relativement complet, avec plusieurs modules et liens, mis en ligne, et réfrènement, immédiats Mon expérience personnelle me permet une bonne connaissance des personnes handicapées mentales et de leur problématique

 

J'ai pu travailler dans de nombreuses structures ce qui facilitera mon insertion au sein de votre association, et de remplir à la demande les tâches qui me seront confiées et d’assurer le bien-être des personnes handicapées mentales. Ces interventions se feront à mon domicile.

 

Le contact avec les personnes handicapées mentales me permettra, je pense,  de m’adapter rapidement.


12/08/2013
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LE LIBERTINAGE ET LES SOIRÉES PRIVÉES AVEC DES FEMMES HANDICAPÉES

Le libertinage, et les soirées privées avec des femmes handicapées....

 

 

Salut tout le monde, je suis confronté à un petit problème, les personnes valides, pour certaines, pratiquent le libre échange, participent à des soirées dites privées, ou libertines, souvent dans des clubs spécialisés. Seuls ne sont acceptés que les adultes. Je n’ai encore jamais entendu dire que les personnes handicapées, aient participé à ce type de soirées, même si ces personnes sont elles aussi adultes. Seul, un article sur le net, précise qu’un homme handicapé aurait lui, réussi à entrer dans un club échangiste, et participé à une de ces soirées. En ce qui me concerne, .je rencontre souvent des difficultés  avec les filles, peut être en raison de mon apparence physique,  j'ai souvent été  hésitant,  pendant mes relations amoureuses, et je pense avoir à plusieurs reprises raté des occasions avec certaines. Du moins je l’ai longtemps pensé, mais après y avoir réfléchi, ce n’est pas à ce point, car, pour certaines, je sais qu’elles ont apprécié. Elles ont souvent été soit consentantes, libres de leur choix et de leur décision, d’autres consentantes et toujours libre de leurs actes.

 

Ça ne durait jamais plus de 4 ou 5 jours, à un mois maximum. Parfois Je me demandais si cela était de ma seule faute, je me disant aussi en y réfléchissant, que cela ne pouvait pas être de ma seule  faute, mais la faute des filles avec qui je suis sorti  je vis dans mon propre appartement.  

 

J’ai connu véritablement 4 partenaires réparties en plusieurs mois et années, toutes plus ou moins handicapées, et étant en institutions, pensions complètes, ou en extérieur. J’en éprouve un certain plaisir. C'est justement ça qui me dérange, j'ai toujours été un garçon romantique, fidèle, et qui voulait des relations stables  et longues, tout en partageant les mêmes plaisirs que les personnes valides. C’est à dire organiser des relations à plusieurs, en petits groupes et dans l’intimité, de mon appartement, avant peut-être d’essayer dans des clubs. Alors j'ai deux questions à vous poser: 

1) Est-ce que le fait de ne pas avoir trouvé la fille avec qui rester toute une vie aurait pu me faire changer et devenir plus libertin? 

2) Est ce que ce mode de vie est négatif? C'est irrespectueux envers les filles et envers moi même? 

Et bien non, j’estime qu’être libertin, n’est pas être irrespectueux, de sa partenaire, ni de sois même. Mais peut faire connaitre, un palliatif à la routine quotidienne, qui peut envahir la vie sexuelle du couple. Je suis handicapé léger, je suis célibataire, et n’ai pas touché une fille depuis près de 4 ans, il est normal que cela me manque.

 

J’aime le sexe, et j’aime les femmes, quelque soit leur apparence, leur physique, même si elles sont handicapées, à condition bien sur qu’elle soit toujours autonome, et libre. Je pense que le libertinage permet, de mieux se connaitre aussi soi-même, et ses propres limites.

J’ai déjà prodigué des cunnilingus à des femmes, dont pour certaines, allaient jusqu'à la jouissance, je les sentais mouiller, puis légèrement « suinter » j’ai adoré cette situation, pourtant je n’ai connu que 6 femmes au total, dont deux prostitués, l’une d’entre elles m’a d’ailleurs dépucelé à l’âge de : 27 ans, sinon, je n’ai connu que 4 femmes, toutes handicapées à des niveaux différents, et de toutes tailles, petites, grandes, minces, fortes, toutes m’ont donné l’impression d’avoir aimé mes prestations. J’ai également connu quelques expériences avec des hommes, par dépit, car en manque de relations intimes,  il ne s’agissait que de pratiquer des fellations complètes, avec masturbation, et ingestion totale de leur sperme. En fait, cela n’est pas si terrible que cela, et avaler le sperme d’un homme, n’est pas « dégoutant ».Mais, à choisir, je préfère nettement les femmes.

 

Je possède, plusieurs sites et blogs pour adultes, certains sont destinés et ne concernent pratiquement que des personnes handicapé(es), et je propose d’organiser moi-même, à mon domicile, des soirées dites « privées », uniquement pour et avec des personnes reconnues en situation de handicap. Je souhaite qu’il y ait des filles à ces soirées.

 

Intimement, particulièrement sur ma « bite », je ne pense pas avoir à envier d’autres hommes, assez bien membrés dit-on ! Et je pense être en mesure de le prouver.

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


01/01/2013
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SEXUALITÉ DES HANDICAPE(ES) MENTAUX ENTRE INTERDIT ET ACCOMPAGNEMENT

 

 

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Entre interdit et accompagnement...

 

 

Les institutions

Et la sexualité

Des adultes handicapés

 

Un problème se pose, avec de plus en plus dacite

dans la mission d.accompagnement et d.aide des

professionnels médico-sociaux et éducatifs : comment

penser, dire, faire avec la dimension sexuelle des

handicapés qui, avant d.être handicapés, sont avant

tout, comme le rappelait en son temps Germaine

POINSO CHAPUIS, des hommes et des femmes à

part entière.

L.adulte handicapé va-t-il être enfin reconnu davantage comme

semblable aux autres personnes que comme différent ? Celui

qui, dans l.expression de sa sexualité, peut, à sa façon personnelle,

se poser les mêmes questions : qui aimer ? comment aimer ?

aimer sexuellement ? passagèrement, durablement, avoir des enfants ?

Vivre en couple ? Où ? Avec qui ? Avec quelles ressources ?

Pour les professionnels ou les parents, il y a des résistances à penser et

dire les choses en ces termes. L.adulte tutélaire veille aux dangers,

comme si on ne retenait de la sexualité que la partie infime par laquelle

l.inacceptable pourrait arriver : les violences faites à des personnes dé-

munies. Mais il faudra interroger cette crainte qui voudrait que l.adulte

tutélaire aurait à tout . contrôler . chez la personne handicapée : comment

entendre ses propos sur sa sexualité ? Jusqu.où permettre ses

initiatives, comment prévenir une grossesse, comment prévenir une

Dossier : Handicap et Sexualité

MST ou le Sida ? Que dire face à un désir d.enfant ? Comment proté-

ger des désillusions de la vie affective et sexuelle ?

La sexualité des personnes handicapées existait bien avant que nous ne

nous posions ces questions. Qu.en avons-nous fait entre-temps ? Qu.en

ferons-nous demain ?

Il n.est pas jusqu.à la Direction de l.Action sociale qui ne se préoccupe

(avec il est vrai une bonne dizaine d.années de retard !) de la prévention

de l.infection à VIH chez les adultes handicapés physiques et mentaux

(circulaire du 10 Décembre 1996).

Les adultes handicapés, dans ce domaine de la sexualité, vivent et s.adaptent

autant qu.ils le peuvent, autant qu.ils les comprennent, à nos choix,

directives, règlements. Ils subissent les conséquences de l.état de notre

réflexion là-dessus, avec les décisions ou non décisions qui en découlent...

et pendant ce temps les pulsions sexuelles continuent dans les

méandres des interdits, refoulements, non-dits.

Tout d.abord, que veut dire cette évocation de

. sexualité des adultes handicapés . comme ça,

à l.état brut ? Ne serait-elle pas là pour extérioriser

ce qui est interne, le . traiter . à propos des

autres ? De plus ces autres sont . handicapés . : ils

tombent en quelque sorte sous notre compétence,

notre autorité technique, comme si l.on savait

ce qui leur convient et ce qui ne leur convient

pas. Il y a donc une double . défausse . possible

autour de ce discours sur la sexualité : je me prot

ège en parlant des autres, je me protège en tant

que professionnel.

Justement, moi qui parle de leur sexualité, est-ce que je leur en parle, et

quel est mon savoir dans ce domaine ? Ne serait-ce pas là une façon

déguisée de parler de mon propre rapport à la sexualité, aux fantasmes

qu.elle développe en moi, aux résistances qu.elle suscite, aux frustrations

qu.elle peut entraîner ?

Les adultes handicapés sont rarement interpellés sur cette question.

Sont-ils reconnus comme interlocuteurs valables ?

Il y a là souvent un paradoxe : on en parle d.autant plus qu.on n.en

parle pas toujours au bon endroit, avec les personnes les plus concern

ées.

Je parlerai de la sexualité, dans le sens qu.en a donné FREUD dans ce

beau texte :

. Les adultes

handicapés sont-ils

reconnus comme

interlocuteurs

valables ? .

Entre interdit et accompagnement...

. En premier lieu, dit Sigmund FREUD, la sexualité est détachée de

sa relation bien trop étroite avec les organes génitaux et posée comme

une fonction corporelle embrassant l.ensemble de l.être et aspirant

au plaisir, fonction qui n.entre que secondairement au service de la

reproduction ; en second lieu sont comptés parmi les émois sexuels

tous les émois tendres et amicaux pour lesquels notre langage courant

emploie le mot . aimer . dans ses multiples acceptions .. (Ma

vie et la psychanalyse).

La vie quotidienne de ces personnes handicapées est marquée par leur

sexualité au sens large du terme leur libido dirait plutôt Françoise

Dolto, dans le double sens d.éros et agape des Grecs : cela va de l.amour

du beau, à la tendresse, les marques d.affection, le plaisir d.être ensemble,

côté à côte, à des manifestations gestuelles, baisers, caresses, enlacements,

accouplement, désir d.enfant.

Voici un homme, une femme, qui, malgré leur handicap, ont l.expé-

rience ou peuvent avoir l.expérience de l.amitié, de l.amour, de la sexualit

é, souvent les trois mêlés :

. Entre l.amour et l.amitié il n.y a qu.un lit de différence . chante

Henri TACHAN.

I. EN PARLER AUJOURD.HUI

Si cela peut être une nouveauté, est-ce pour autant un progrès ?

Oui car il s.agit de prendre en compte cette dimension incontestable

de tout un chacun, celle de sa sexualité, quel que soit son handicap. Les

pulsions n.ont pas de Q.I., de nosographie. Les personnes adultes qui

sont sous notre responsabilité connaissent ces pulsions, les vivent, les

assument plus ou moins bien, souvent dans la culpabilité... du fait même

de notre lenteur à en reconnaître l.expression.

Il est vrai que les professionnels et les parents ont mis du temps à regarder

en face cette réalité de la nature (qui est aussi à l.origine de bien des

domaines de notre culture).

Pourquoi ?

Manifestement la sexualité gêne, embarrasse. Elle n.en finit pas de

chercher à se vivre entre plaisir et réalité, attrait et contraintes, licence

et interdits, entre la séduction et le rejet. Chacun peut écrire son histoire

compliquée dans ce domaine , sans pouvoir estimer que le bilan

en soit exemplaire. Dans la protection que l.adulte pense devoir à l.handicap

é, la sexualité fait-elle partie des expériences à lui éviter ? Qui le

dit alors, et au nom de quelles expériences ?

Dossier : Handicap et Sexualité

Faut-il en parler ?

L.on pourrait dire (mais avec un brin d.hypocrisie) que ce domaine est

privé, intime, et, que la personne soit handicapée ou non, . cela ne nous

regarde pas ., comme disent certains duettistes célèbres.

Or nous savons l.ampleur du champ d.intervention des professionnels

dans la vie des personnes handicapés qui leur sont confiées. Un AMP

dans une monographie consacrée à ce sujet notait ceci :

. Nous avons l.habitude, en tant que professionnel de penser que

nous pouvons apporter des solutions aux problèmes que rencontrent

les personnes handicapées que nous prenons en charge.

Or en ce qui concerne la sexualité, nous nous retrouvons souvent

démunis car les problèmes rencontrés nous renvoient à notre propre

sexualité, à nos fantasmes, tabous, désirs, peurs, expériences, regrets,

etc... ce qui nous force à proposer des solutions toutes faites, des sté-

réotypes ..(1)

Cette libido-sexualité est lisible dans les relations quotidiennes avec

leurs collègues de résidence, de CAT, de Foyer, de MAS.

Elle est évidente également dans les comportements quotidiens de ces

personnes avec le personnel féminin et masculin qui en assure l.encadrement

et l.accompagnement.

Elle est un sujet de préoccupation, de mieux en mieux formulé, par les

parents qui craignent par dessus tout (et non sans raison) une grossesse

non voulue pour leur grande fille ou une contamination de maladie

sexuellement transmissible, y compris le VIH. Mais à ces parents qui

sont la plupart du temps les témoins désorientés des revendications de

leurs grands enfants à connaître le plaisir de l.acte sexuel, que leur dire,

que leur proposer ?

Enfin, dans cette perspective, les pouvoirs publics se sont préoccupés

de ce qui pourrait être fait pour prévenir la contamination au VIH en

engageant un grand mouvement de formation destiné aux administrateurs,

aux personnels, aux familles, aux adultes handicapés directement

concernés (circulaire du 10/12/96).

Pour toutes ces raisons, il est bien d.en parler, d.échanger sur ce thème

à la frontière du public et du privé, de l.intime et du professionnel, et

qui est bien de la responsabilité de ceux à qui l.on confie, à un titre ou

à un autre, le bien-être physique et psychique d.adultes handicapés.

Mais on peut aussi s.en étonner.

Entre interdit et accompagnement...

Comment en arrive-t-on là ?

Comment se fait-il que l.année 1998 voie se développer un tel souci de

réflexion autour d.un trait permanent de l.être humain ?

De quel cécité émergeons-nous quand nous décidons de voir ce qui a

toujours été, comme si nous autorisions les handicapés, à assumer leur

identité sexuelle et les pulsions qui en découlent , du moment que l.on

en parle ?

N.est-ce pas reconnaître que la sexualité était comme un handicap

supplémentaire, une source de problème ?

Simone SAUSSE note dans son livre : . Le miroir brisé . ce que chacun

a vu, sans y prêter garde : dans les toilettes publiques, il y a un logo

femme, un logo homme et un logo handicapé...un troisième sexe ou

aveu d.une perception du handicap qui submerge l.identité sexuelle ?

Les éducateurs ( parents et professionnels) ont

passé beaucoup de temps à aider l.enfant à se

construire dans son identité sexuelle. Ils ont

dû faire face à leur confusion des genres, aux fausses

identifications, à la labilité de ces identifications

masculin-féminin.

Ont-ils fait tout ce travail pour qu.à l.âge adulte

on mette cette réalité sous le boisseau, dans une

vie où le collectif prend résolument le dessus sur

l.individuel ? Ont-ils fait tout ce travail pour que

l.on entende que le groupe passe avant l.individu

 ? Ou que la personne handicapée n.a qu.une

sexualité . amortie ., voire interdite selon l.état

de réflexion des équipes institutionnelles ?

Comment en est-on arrivé à oublier que la sexualité fait partie de la

vie, de la personne, y compris pour les personnes handicapées physiques,

mentales ? La méconnaître est comme une mutilation de la

personne, une occasion perdue de développer le réseau complexe de la

tendresse, de l.affection, de l.amour ?

Avant que le handicap n.apparaisse, dans le désir d.enfant partagé par

un homme et une femme qui fécondent un nouvel être, le sexe est déjà

présent : ce sera une des premières questions des parents, des proches :

un garçon ? une fille ?

L.enfant naît, sexué. Il appartient à un sexe, et pas à l.autre. Il est en

même temps qu.il n.est pas. La sexualité est ainsi marquée dès le départ

. Méconnaître la

sexualité de

l'handicapé est

comme une mutilation

de la personne .

Dossier : Handicap et Sexualité

d.un manque auquel s.alimentera toute la vie ce que l.on appelle le

désir : l.autre qui sans cesse nous échappe et nous satisfait, principe

même du plaisir de vivre (pulsion de vie) et de la . fatigue . de cette

recherche à travers laquelle Freud a su distinguer la pulsion de mort.

La sexualité, c.est le langage, la culture. Elle s.origine non pas dans un

instinct (comme chez les animaux) mais dans des pulsions, et les pulsions

préexistent à tous comportements, attitudes, choix amoureux.

Aura-t-il fallu une lutte de prévention du sida pour que soit affirmée

d.une façon aussi claire . la reconnaissance du droit à la sexualité pour la

personne handicapée mentale, ainsi que l.affirmation de son droit à l.éducation

sexuelle . (Circulaire du 10 12 96) ? Décidément, le SIDA aura

mis un grand coup de pied dans les fourmilières... Par leur lutte contre

le développement de l.épidémie, les homosexuels ont petit à petit réussi

à sortir du ghetto qui était le leur auparavant... et nous parlons

aujourd.hui des handicapés.

Leur sexualité n.aurait-elle comme chance d.être

entendue que par les peurs qu.elle suscite en nous :

grossesse, MST, Sida ?

Mais avant d.aller plus avant il faut rappeler et dire

deux choses :

1. Françoise DOLTO affirmait qu.il devrait être

interdit de mêler ses fantasmes aux fantasmes

des autres. Ceci est plus vrai ici que dans

tout autre domaine. Rien ne serait plus dangereux

(car intrusif) de parler de la sexualité des

autres sans prendre conscience que d.une certaine façon c.est de

la nôtre dont nous risquons de parler.

De ce côté, qui peut se targuer d.avoir connu une réussite sans

failles dans ce domaine ? Il n.est pas nécessaire d.être handicapé

pour être confronté au mal vivre de cette sexualité, aux risques

auxquels chacun s.expose dans cette délicate négociation du dé-

sir, du plaisir et de la réalité.

Autour de nous les cas de figure ne manquent pas de ces . ratés .

de la relation sexuelle, avec sa production de petites ou grandes

névroses. Donc, il nous faudra rester modeste et ne pas . utiliser

 . la vie de personnes marquées par la dépendance, la difficulté

mentale ou physique, pour plaider sans prudence la cause de l.expression

sexuelle des adultes handicapés. La sexualité des personnes

handicapées n.est pas un objet de militance.

2. Ensuite, il est important de bien délimiter notre responsabilité.

Avant de légiférer, d.autoriser ou d.interdire, de surveiller ou

. La sexualité ne

serait-elle entendue

que par les peurs

qu'elle suscite ? .

Entre interdit et accompagnement...

d.organiser, ce qui touche la vie sexuelle des adultes handicapés,

il s.agit surtout de se permettre de penser cette question, individuellement,

en équipe, avec parents, administrateurs et évidemment

avec les personnes qui nous sont confiées.

La première étape est celle de la . matrice à penser . dirait BION :

s.autoriser à développer une réflexion, un échange, une recherche,

autour de cette question, sans préjuger des résultats.

II. QUELQUES SITUATIONS

ET TÉMOIGNAGES

Les situations qui sont au c.ur du débat relèvent de la recherche et de

la satisfaction du plaisir lié à la sexualité, éventuellement prolongé au

sein d.une relation hétérosexuelle, dans toutes les variantes dont nous

avons parlé en définissant la sexualité. Avoir un ami, une amie, un

. amoureux ., une . amoureuse ., vouloir vivre avec un homme, une

femme dans un lieu à soi, pouvoir y vivre son amour sans ingérence

extérieure : vie de couple, vie amoureuse, vie sexuelle.

Thomas parle de mariage en décrivant précisément la cérémonie, la

fête avec les gâteaux et le champagne. Il propose aux éducateurs de les

inviter :

n . Bientôt je vais me marier avec Juliette. Tu viendras à mon mariage.

Je t.inviterai. Tu aimes le champagne ? .

Il dit qu.il va trouver un travail, acheter la maison, la voiture,

faire des enfants.

. Le soir je reviendrai du travail et Juliette me demandera : Mon

chéri, tu as bien travaillé ? Tu veux manger ? Après elle me servira

à manger. Et après moi je lui dirai : allez, on va se coucher, on va au

lit. Je l.embrasserai sur la bouche et on fera l.amour. Eh oui, c.est

bien ça ? Pas vrai ? .(2)

D.autres manifestations de cette vie sexuelle consistent à vouloir se

caresser, vouloir s.embrasser, vouloir faire l.amour : ceci nous a été

dit, montré, sous le regard gêné, ou réprobateur, ou complice, de l.encadrement

:

n Il y a Monsieur X. qui, dès la fin du repas, se masturbe en public

et auquel il faut rappeler sans cesse que . cela . ne se fait pas et

que, s.il veut le faire, il faut aller dans sa chambre.

(2) AGNES Éric . Sexualité adulte et handicap mental ., 1994, op ci.

Dossier : Handicap et Sexualité

n Il y a Madame C. qui cherche à affirmer sa féminité (parfois même

à la trouver pour elle-même), dans un maquillage outrancier ou

dans des tenues extravagantes... On dira d.elle : c.est une allumeuse...

n Il y a le jeune F... qui cherche toujours à toucher les fesses des

monitrices lorsqu.elles passent près de lui et qui ne peut s.arrêter

que quand on le menace d.une gifle... qu.il reçoit parfois.

n Il y a de ces comportements homosexuels, où l.on pense qu.il y a

victime et bourreau, mais que certaines institutions se sont résign

ées à tolérer comme un exutoire aux pulsions sexuelles... ou

au fait qu.ils n.accueillent que des hommes ou que des femmes.

n Il y a la jeune fille dont le comportement vous fait craindre qu.elle

ne . tombe . enceinte ou encore ne soit contaminée par une maladie

sexuellement transmissible, dont le sida.

n Il y a ce jeune homme qui demande à acheter et visionner des

cassettes pornographiques.

n Il y a aussi ces parents, démunis, qui se demandent s.il ne faudrait

pas avoir recours aux services d.une prostituée.

III. PULSIONS, SEXUALITÉ

ET HANDICAP MENTAL

Cette expression de la sexualité est-elle affectée par les effets du handicap

mental ?

Se posent alors la difficile question du refoulement et de la maîtrise des

pulsions, de la responsabilité des actes, de l.intégration des précautions

à prendre chez des personnes dont la construction de la personnalité

demeure aléatoire, avec des . trous . et des blocages.

Je dis cela avec la prudence qui convient car il ne faudrait pas que dans

cette nécessaire réflexion se rouvre la porte de la primauté du handicap

sur la personne et qu.on l.on se dédouane alors de notre responsabilité

d.écoute, d.accompagnement, de modifications de nos pratiques, sous

prétexte que le handicap mental rend illusoire la possibilité d.un changement.

La symptomatologie que nous pouvons observer quotidiennement atteint

aussi la sexualité.

Comme toute sexualité, la sexualité de l.adulte handicapé s.alimente

de fantasmes personnels inconscients, mais ces fantasmes, produits par

Entre interdit et accompagnement...

le refoulement, peuvent être affectés par les difficultés à faire fonctionner

ce refoulement.

Vivre dans l.ici et maintenant, dans la suggestibilité, la dépendance

physique, sociale, affective, la menace de débordements pulsionnels,

sont autant de signes qui marquent cette difficulté de . faire la part des

choses ., c.est-à-dire savoir filtrer ses pulsions grâce à une expression

. convenable . à autrui.

Comment . jouer . avec son imaginaire, développer une vie fantasmatique,

alors que chaque semaine on peut vivre dans l.angoisse de sa

place dans la famille, de parents qui pourraient ne pas venir, de ne pas

répondre aux attentes des éducateurs, de ne pas savoir dire, faire, penser...,

quand ce n.est pas l.angoisse de son propre éparpillement, de son

propre éclatement, quand un fait, anodin à nos yeux, déclenche colère

et destruction, quand l.automutilation vient souligner l.insupportable

de certaines tensions internes...

L.éducateur, au sens large du terme, ne doit pas

oublier la fragilité et la difficulté dans lesquelles

se trouve la personne handicapée adulte dans l.expression

d.une vie affective et sexuelle soumise à

la double contrainte d.un . moi . parfois chaotique

et d.une institution omniprésente à force

d.être tutélaire.

Il nous faut aussi évoquer le cas où la personne

handicapée est atteinte d.un tel handicap mental

qu.elle n.a pas accès au langage et qu.elle semble

livrée à ses pulsions sans trop pouvoir les parler,

donc les mettre en jeu par le biais du langage.

Par contre ce cas souligne l.importance de la notion d.accompagnement

que nous développerons plus loin. Les conduites de passages à

l.acte, agressions ou violences doivent être comprises comme symptô-

mes d.une souffrance psychique intense, et non d.une quelconque

bestialité rapportée à une sexualité pulsionnelle. Les contresens arrivent

vite dans ce domaine. Je vous renvoie à la célèbre analyse d. Alain

GIAMI dans son essai intitulé . L.ange et la Bête . (publications du

CTN ). Cet auteur nous éclaire également quand il affirme que le concept

de handicap mental est avant tout utile aux administrations qui

classent, orientent, financent, définissent, attribuent... et que son impact

clinique, si ce terme est pris dans cette globalité, est nul.

Évoquons cependant une de ces situations que nous rencontrons souvent

dans nos institutions, celle de la masturbation, qui appelle à un

travail clinique.

. Les passages à

l'acte sont les

symptômes d'une

souffrance psychique

intense .

Dossier : Handicap et Sexualité

Au moment de la puberté, il y a des pulsions sexuelles incoercibles. Le

préadolescent découvre, bien après les besoins vitaux de la nourriture,

de la chaleur, de la sécurité, un nouveau besoin : le besoin sexuel. Il se

passe quelque chose au niveau du bas ventre, des organes sexuels, qui

provoque une tension qui peut mettre du temps à trouver l.objet adé-

quat à la satisfaire.

Une des premières réponses à cette pulsion est la masturbation.

La masturbation doit être alors comprise dans son sens premier de

décharge d.une tension. On pourrait l.appeler masturbation primaire,

car elle semble se passer sans la présence (réelle ou fantasmée) de l.autre.

Elle est expression de la pulsion sexuelle : tension, érection provoquée

par des stimuli extrêmement variés (la main, l.eau, le chaud, un vêtement,

une musique, un balancement...) et permet une décharge, à tous

les sens du terme.

Cette masturbation primaire peut être fréquemment rencontrée dans

notre accompagnement professionnel, car une des caractéristiques du

handicap et de la vie en collectivité fait qu.elle se donne à voir en public.

L.adulte est alors dans son monde, absent bien que présent.

Ce qui est passager chez le jeune préadolescent, peut être durable et

fréquemment observé chez un adulte en souffrance mentale déjà si souvent

. dans son monde ..

L.encadrement tente alors de lui proposer un autre lieu pour se masturber,

de se mettre à l.abri des regards : réaction normale, éthique, qui ne

doit pas s.accompagner d.exclamations moralisatrices, culpabilisantes.

C.est le respect de la personne handicapée, dans la fragilité de son . moi .

qui doit motiver la réaction de l.encadrement, et non sa dénonciation

plus ou moins agressive ou violente.

IV. LES RÉPONSES INSTITUTIONNELLES

. L.information générale ne saurait suffire par elle-même. Elle doit faire

l.objet d.une démarche spécifique pour être accessible et profitable à la personne

handicapée... dans des projets individualisés d.accompagnement. .

(circulaire du 10/12/96).

La dernière circulaire ministérielle relative à la prévention du VIH

auprès des adultes handicapés insiste avec raison sur la qualité de l.accompagnement.

Entre interdit et accompagnement...

Des progrès importants ont été faits dans le domaine de l.expression

de la sexualité des personnes handicapées mentales :

n la contraception est maintenant envisagée comme un recours possible,

accessible, pour éviter des grossesses non désirées.

n La prise de la pilule est devenue dans certains cas une habitude,

parfois bien intégrée par la femme concernée, quoique nécessitant

vigilance de l.éducateur ou de l.infirmière.

n Les contraceptifs injectables tous les trois mois, souvent préférés

malgré leurs inconvénients, sont également de plus en plus utilisés.

n Les relations sexuelles sont tolérées, voire encouragées.

n Dans certaines institutions, des couples se sont formés, constituant

des modèles sociaux permettant aux autres adultes handicap

és de se faire une représentation de ce qu.ils pourraient vivre.

Leur parentalité est parfois envisageable dans certaines conditions.

Mais toute cette évolution ne peut prendre du sens que dans l.accompagnement,

par lequel on s.assure de l.adhésion, de la

compréhension, du consentement de la personne concern

ée.

Accompagner est reconnaître à l.autre que sa vie, dans

toutes ses dimensions, le concerne. Ce qui veut dire qu.on

l.écoute dans ses choix, ses attentes, ses soucis, pour autant

qu.il puisse et veuille nous en parler.

Le discours . sur . la sexualité se développe... Mais qu.at-

on, fait du discours . avec . l.homme ou la femme

handicapés ?

Cela veut dire qu.on lui parle, non par condescendance ou infantilisation,

mais comme à un sujet, capable de comprendre quelque chose de ce

qui concerne sa vie. Il ne nous revient pas de décider quelles sont les

limites de son intelligence ou de ses déficiences dans ce domaine. Nous

pourrions être surpris de l.écoute que l.on pourrait rencontrer dans

l.approche partagée de questions concernant leur vie. Il y a une façon

de considérer les gens qui les rend intelligents.

D.autant, comme le souligne Simone SAUSSE, que . la curiosité intellectuelle

des enfants prend sa source dans la curiosité sexuelle. L.incapacité

à penser la différence entraîne une incapacité à penser tout court. L.interdit

de savoir bloque l.accès à la vie intellectuelle. . (Miroir brisé, p. 123).

L.information sexuelle est à donner dans le cadre d.un accompagnement,

avec la collaboration du personnel médical et paramédical : information

sur le corps sexué, les caractères primaires et secondaires de

. Accompagner,

c'est reconnaître

à l'autre que sa

vie le concerne .

Dossier : Handicap et Sexualité

la sexualité, les règles, l.émission de sperme, la procréation, la contraception,

la prévention des MST et du Sida, l.utilisation des préservatifs,

leur accès possible dans l.institution.

Mais ceci dit (à titre de . prétexte .), les questions essentielles concernant

la rencontre de l.autre et le désir que l.on en a, le plaisir sexuel

demeurent intactes. Elles seront davantage l.objet de dialogues avec un

professionnel qui aurait la confiance de l.adulte handicapé.

L.équipe aura le souci de donner un cadre à cet accompagnement :

éviter les interlocuteurs multiples, savoir prendre du temps, dans un

lieu calme, avec une éthique de l.entretien qui fait que le professionnel

sait exercer une certaine réserve sur ce qu.il entend, ce qui lui est

confié, afin de ne pas perdre la confiance de l.autre. Il faut savoir ne pas

tout savoir et ne pas tout dire. Une équipe pluridisciplinaire accède à

sa maturité quand elle admet et valide la spécificité des fonctions et des

lieux de parole.

Car cette écoute est difficile, et nécessite un professionnel

sensible à ce que les psychanalystes ont

appelé le . contre-transfert ., car comment le professionnel

peut-il entendre la parole de l.handicap

é concernant sa sexualité, son droit au plaisir

et à la jouissance malgré ses handicaps, parole de

celui ou celle dont le professionnel sait qu.il ou

elle n.aura jamais d.enfant, ni de mari ? . Plaire,

être amoureux, séduire, être beau et danser ? Domaine

réservé aux gens bien portants et convenables

. dit Simone SAUSSE.

Accompagner dans la parole reste prioritaire. Mais il y a aussi l.accompagnement

dans les actes.

1. Accompagnement centré sur la personne

Aider à aménager le cadre de vie, aider à trouver des lieux adaptés aux

circonstances, aider à soigner son corps, le respecter, l.embellir, soigner

ses vêtements, savoir . se tenir ., dans le soutien d.un narcissisme

que l.on sait souvent très fragile chez la personne handicapée. Pourtant,

pas plus que nous, elle n.échappe à la nécessaire conscience d.être

soi-même aimable pour être un jour aimée.

2. Accompagnement centré sur le cadre de vie

Effectifs réduits : importance de vivre dans des institutions à taille humaine,

avec des possibilités de tisser des liens de connaissance et possibilit

é d.identifier avec aisance les professionnels mis à disposition des

adultes handicapés.

. L'équipe doit avoir

le souci de donner

un cadre à cet

accompagnement .

Entre interdit et accompagnement...

N.avons nous pas mis subrepticement en place les équations suivantes

è institution = primauté du groupe,

= vie sexuelle interdite,

= célibat ;

è extérieur (studios) = individualisation,

= vie sexuelle possible,

= vie de couple possible.

Architecture plus adaptée à une vie individuelle : chambre individuelle

dans la plupart des cas, sauf exception liée à une demande particulière

du résident : peur de la solitude, recherche d.une présence, d.un interlocuteur...

Ces lieux doivent permettre de se sentir chez soi dans l.institution : accès

privé de la chambre, proximité de salle de bains, de toilettes, possibilit

é de pouvoir sauvegarder un espace privé dont l.encadrement doit

être garant.

Réalisation possible de chambre pour couple, à l.intérieur même de

l.institution, dans le cadre d.un mode de vie bien élaboré avec les personnes

concernées et suivi par un accompagnement personnalisé (réfé-

rent bien identifié) et partagé en équipe, dans le souci de réserve et de

discrétion dont nous avons parlé plus haut.

Éventuellement, adjoindre à la résidence ou au Foyer de vie ou d.hé-

bergement des studios pour les personnes pouvant vivre en couple avec

un degré d.autonomie qui rende cette situation réalisable. Là aussi un

accompagnement doit être mis en place, selon des modalités discutées

avec le couple, et en référence avec l.équipe.

Toutefois le rapport entre la vie . institutionnelle . et la vie . exté-

rieure . ne devrait pas laisser supposer que pour vivre en couple, il faut

déjà être autonome en tout.

Thomas, dont il a été question plus haut, se réjouissait de son futur

mariage. D.une certaine façon, il avait tout compris : en prenant pour

modèle la vie de couple . ordinaire ., celle de ses parents, des éducateurs,

il n.envisage sa réalisation qu.hors institution. C.est une façon

de situer dans l.ailleurs, l.extérieur, le lieu et l.attestation de sa normalit

é.

Être célibataire, c.est être en institution. Vivre avec quelqu.un, c.est

sortir de l.institution.

Dossier : Handicap et Sexualité

J.Claude et Christine voudraient vivre ensemble. Ce ne peut se faire

dans le Foyer : il est prévu pour eux un appartement extérieur avec

suivi éducatif : l.expérience ne dure pas : . peur de s.engager dans la

relation amoureuse . dira-t-on. Mais peut-être aussi leur a-t-on beaucoup

demandé : une autonomie quotidienne à laquelle ils étaient peu

préparés, un éloignement du Foyer, la coupure de leur environnement

matériel et humain.

L.aspiration à une vie de couple doit-elle signifier départ du Foyer,

mise à l.épreuve d.autonomies quotidiennes peu éprouvées jusqu.alors...

pour ne pas parler de la pression que peut représenter sur le jeune

couple une telle expérience . pilote . de l.institution ?

Il est des expériences qui, pour être novatrices, n.en doivent pas moins

s.appuyer sur une solide tradition éducative faite de prudence, de confiance,

d.accompagnement.

3. Accompagnement par la loi.

La sexualité n.est pas synonyme de désordre.

On peut même dire que c.est à propos de la sexualité qu.a été édictée la

loi majeure fondant notre société et la possibilité pour chacun de se

construire comme sujet : la loi de l.interdit de l.inceste.

Cette Loi est valable pour tous et s.impose à tous, handicapés ou non,

ceux qui l.entendent ou ceux qui la disent.

Après cette Loi, s.inspirant d.elle, il existe des lois que les institutions

doivent également énoncer et intégrer dans la fonction d.accompagnement

: interdiction des agressions sexuelles, des violences sexuelles, de

l.exhibitionnisme, de conduites perverses visant à atteindre autrui dans

ses valeurs.

Puis il y a les règlements, qui peuvent varier d.un établissement à

l.autre, d.un temps à l.autre. Ils permettent de fixer le domaine du

possible, du permis et de l.interdit.

Si une institution n.est pas prête à assumer temporairement la question

de l.expression de la sexualité, elle peut en fixer les limites : interdiction

par exemple de l.acte sexuel dans l.institution.

Ces règlements sont nécessaires. Plus les limites sont floues, plus l.inqui

étude et l.angoisse peuvent se développer, avec des passages à l.acte

difficiles ensuite à gérer.

Plus les limites sont nettes, plus les professionnels, les parents, les adultes

handicapés, peuvent situer leur responsabilité.

Entre interdit et accompagnement...

Mais le cadre légal ne règle pas toute la question. L.acte sexuel peut

être interdit, mais en parallèle, on veille à des méthodes contraceptives

pour éviter une grossesse. Nous le savons, le risque . zéro . n.existe

pas. Il y a un paradoxe : celui de la règle institutionnelle qui . cohabite .

avec le droit et la liberté de la personne.

La gestion de ce paradoxe donne sens à la fonction d.accompagnement.

On peut même y trouver une des approches possibles d.une démarche

éthique, en cela que les règles et règlements, projets ou contrats, ont à

se . caler . sans cesse sur des valeurs implicites basées sur le respect des

personnes et leurs droits fondamentaux.

Pour illustrer mes propos, je citerai cet exemple d.une AMP, qui dans

une étude de situation écrite dans le cadre de sa formation, relatait le

fait suivant :

n . A la fin du repas de midi, je cherchais des yeux monsieur R. et je ne

le voyais pas. D.habitude, il est là, sur le canapé, près de la télé. D.un

seul coup, j.ai eu une intuition. Je me suis levée, je suis allée dans la

chambre de madame C. La porte était fermée. Je l.ai brusquement

ouverte et j.ai surpris monsieur et madame déshabillés sur le lit.

Je leur ai dit que ce qu.ils faisaient là n.était pas bien, que c.était

interdit et que je ne pouvais plus leur faire confiance. Madame C.

s.est mise à pleurer en me demandant pardon, et monsieur R. est

sorti honteux. .

J.ai pris cet exemple qui nous permet de bien repérer ce que je veux

dire en parlant du problème entre le privé et l.institutionnel, entre le

permis et l.interdit, les droits élémentaires des personnes face aux rè-

glements institutionnels.

Cette AMP pressentait ce qu.elle allait voir en ouvrant brusquement

cette porte, que cette vision était déjà préparée dans les fantasmes dont

se nourrit son intuition. Sa parole comme toute parole, vient donner

un sens à cette situation : ici, un sens culpabilisant, infantilisant, qui

. remet . les choses à sa place, du côté du règlement de l.institution au

détriment de l.expression d.une tendresse, d.une sexualité, qui n.ont

pas d.espace prévu dans cette institution. La toute puissance de certains

personnels peut parfois faire peur ! Elle est une forme de violence.

La demande de pardon en souligne la nature persécutoire.

Vivre sa sexualité, serait-ce déjà se mettre en délinquance institutionnelle ?

Je ne veux pas terminer ce chapitre des réponses institutionnelles sans

rappeler aussi une loi, qui concerne celle-là les professionnels : il est

interdit d.utiliser sa situation d.éducateur, de pédagogue, au sens large

du terme, pour abuser sexuellement une personne handicapée dans les

Dossier : Handicap et Sexualité

paroles ou les actes. Il peut arriver que certaines personnes adultes handicap

ées cherchent une proximité parfois physique, souvent affective.

Il nous appartient d.orienter dans une expression convenable de telles

manifestations, de ne pas les renforcer et évidemment de ne jamais en

abuser. On peut, sans en arriver à cette limite, s.interroger sur certaines

traditions de bisous systématiques à l.intérieur des institutions pour

adultes.

Dans un autre registre, l.ironie, la moquerie, la dévalorisation, le viol

de l.intimité sont des conduites qui sont autant de fautes professionnelles.

Je ne veux pas m.étendre sur ces points, mais il est bon de montrer

la racine avant de se prendre les pieds dedans.

4. Accompagnement avec les parents.

Nous évoquerons plus loin les réponses parentales. D.ores et déjà il est

nécessaire que dans l.esprit des Annexes 24, même si elles ne s.appliquent

pas au secteur des adultes, et dans les perspectives annoncées de

la réforme de la Loi de 75, les parents soient nos interlocuteurs réguliers

dans cet accompagnement. Ils connaissent leurs enfants et ont

marqué de l.empreinte de leur éducation leur personnalité actuelle.

Les parents seront donc informés, associés, aidés, afin qu.ils partagent

avec nous le même projet d.épanouissement de l.adulte qu.est devenu

leur enfant. Ceci n.est pas toujours facile. Le cas de figure existe aussi

où les parents aimeraient trouver des équipes plus ouvertes, plus attentives

aux besoins de leur jeune.

Toutes les questions concernant les attentes sexuelles des adultes handicap

és, la vie de couple, la contraception, la prévention des MST,

méritent d.être débattues avec eux.

Pour conclure sur ce points des réponses institutionnelles, il est donc

important de placer la réflexion, le travail autour de la sexualité dans le

droit fil de l.accompagnement quotidien que chaque professionnel pratique

déjà.

Peut-être y aura-t-il moins de résistance, moins de crainte, moins d.initiatives

intempestives si l.on rappelle que la prise en compte de la dimension

sexuelle des personnes n.est pas l.accès à un autre monde,

piégé, à risques, source de conflits, mais à un prolongement adéquat

de ce que l.on sait écouter, dire et faire au quotidien. Cette prise en

compte établit la personne handicapée dans le respect de son intégrité,

sans mutilation, lesquelles renvoient à une compétence professionnelle

elle aussi intégrale, globale.

Entre interdit et accompagnement...

V. LES RÉPONSES PARENTALES

Pour tout enfant se pose d.abord inconsciemment la question de savoir

de quel côté il se trouve : fille ? garçon ? et de trouver en mère et

père sinon des modèles, du moins des réalisations possibles de leurs

potentialités : leur sexe a un avenir et le parent du même sexe en est la

preuve rassurante.

Mais qu.en est-il pour l.enfant, garçon ou fille, handicapé ? Où est le

modèle ?

Peut-on comprendre que le handicap peut venir submerger les autres

identifications et que l.enfant handicapé est non seulement unique,

mais hors norme, donc non candidat à la vie sexuelle, comme si trop

de différence tuait la différence.

Les parents résistent à penser la sexualité de leur enfant : en les maintenant

dans un état d.enfant, souvent, ils se préservent

de la pensée du futur, qui viendrait avec sa nouvelle

vague de désillusions, de frustrations, d.échecs : ils

n.auront pas d.enfants, je ne serai pas grand-parent.

Les parents veulent se protéger d.une telle épreuve (il

y en a eu assez jusqu.ici) en maintenant leur . petit .

dans un état d.enfance, hors âge et hors génération.

. Les parents le plus souvent pensent que leur amour comble

la vie affective de leur enfant. Ils n.imaginent pas qu.ils

puissent avoir d.autres désirs ..(3)

Garder petit, c.est essayer de mettre un terme aux blessures

narcissiques rencontrées. Et si les acquisitions faites sont approuv

ées, si l.autonomie dans la vie quotidienne est attendue par les parents,

elle le sont dans une certaine ambivalence car elles conduisent à

l.état d.adulte. . Je ne veux pas y penser . disent certains parents. L.adulte

sexué pousse les parents dans leur âge... et cela suscite chez beaucoup la

crainte du . que deviendront-ils quand nous ne serons plus là . ?

Voici donc une sexualité . impensable . qui ne saurait être celle de leur

frère ou s.ur. Celle-ci peut en faire des grands-parents, celle-là en fait

de vieux parents.

J.aimerais apporter ici une illustration rapide de la difficulté pour des parents

d.adultes handicapés de se représenter leur grand enfant comme sujet

sexué, pris comme tout un chacun dans les pulsions et le jeu du désir.

. Les parents

résistent à penser

la sexualité de

leur enfant .

Dossier : Handicap et Sexualité

Il s.agit de deux réunions que je devais animer sur le thème de la sexualit

é des adultes handicapés. Pour chacune des réunions l.assemblée était

composée d.adultes handicapés, de membres du Conseil d.Administration

d.une association régionale, de professionnels, de parents. La

réunion du matin se déroula avec une prise de parole importante des

parents, qui reconnaissaient le bien-fondé du thème tout en étant convaincus

que la sexualité de leurs enfants n.est pas perceptible... et qu.à

trop en parler, on finit par créer un problème là où il n.y en avait pas.

Cette matinée se passa dans le silence des adultes handicapés.

L.après midi, dès le début, un adulte handicapé brandit un préservatif,

et entame un débat tendu avec les autres adultes sur leur légèreté de ne

pas vouloir se protéger. Des noms sont cités, des situations, des lieux..

Le débat est passionné, difficile à supporter pour certains, révélateur

avant tout d.une sexualité bien présente, active, négociant dans le cadre

de l.institution et de ses failles les modalités de son expression. Les

parents, parfois sidérés, parfois soulagés, n.ont guère parlé.

Après avoir illustré ainsi une des représentations possibles de la sexualit

é par les parents, nous nous devons d.évoquer ce qui est la plupart

du temps au c.ur de leur crainte : la grossesse de leur fille.

Et ici, la seule réponse qui parait rassurer, plus que la prise de pilule ou

l.injection trimestrielle, est la stérilisation.

Le Comité National d.Éthique a rendu sur ce problème un avis tout à

fait remarquable en Avril 1996. Il évoque, après avoir rappelé que la

stérilisation est interdite par la loi, les conditions très exceptionnelles

dans lesquelles on peut cependant faire une stérilisation. Je les rappelle

rapidement :

è la personne doit être reconnue comme potentiellement fertile.

è Elle doit être reconnue comme sexuellement active.

è La preuve doit être faite que toute méthode contraceptive est

impraticable pour cette personne.

è La personne doit avoir au moins 20 ans.

è La déficience doit être sévère.

è En tout état de cause, une commission indépendante (ne comprenant

ni les tuteurs ni la famille) prend une décision après s.être

assurée que la personne ne peut donner un consentement libre et

éclairé.

Malheureusement, on peut constater que, encore assez souvent, le recours

à la stérilisation se fait dans le non-dit, voire le mensonge :

n . Nous sommes mis devant le fait accompli. Lorsque des parents

viennent chercher leur fille, pour un ou deux jours, nous savons ce

Entre interdit et accompagnement...

que cela veut dire. Il arrive aussi que la personne elle-même ne soit

pas au courant, et se fasse opérer soi-disant à la suite d.une crise d.appendicite.

. ( Propos de Germaine Peyronnet, directrice de Foyer

à Massy, rapportés par les ASH).

Il y a aussi souvent un non-dit entre les familles et les professionnels

autour de la stérilisation.

Si elle est une réponse à une angoisse des parents devant une grossesse

possible de leur fille, elle survient après un parcours chaotique, où des

étapes ont été manquées : étapes d.échange, de dialogues, à la fois entre

les parents et l.institution et entre les parents et leur enfant.

Ce dialogue n.est pas facile, et l.implication d.un tiers est nécessaire :

n . Comment dire à une femme trisomique qu.elle ne devrait pas avoir

d.enfant car cet enfant risque d.être trisomique, et donc que les

trisomiques, c.est-à-dire elle même, ne devraient pas exister ? .

(Simone SAUSSE, Miroir Brisé, p 126).

VI. PRÉVENTION DU VIH

Avant de conclure, je voudrais évoquer ce qui me parait devoir être

développé autour de la prévention du VIH, dans l.esprit et l.orientation

de la Circulaire du 10 Décembre 1996.

. A l.évidence, la seule dimension sanitaire s.avère insuffisante pour toute

personne dont le handicap accroît la vulnérabilité à l.infection à VIH, ce

qui conduit à prévoir la mise en place d.un accompagnement éducatif et

social par des personnes compétentes et formées, en particulier les éducateurs

spécialisés,

....prise en charge qui préserve l.intégrité et la citoyenneté de la personne

handicapée. .

Comment l.appliquer à des personnes handicapées mentales ?

Ne pourrait-on, en cas de contamination par le VIH :

1) S.assurer par les examens adéquats de la présence du VIH ( analyse

de sang à trois mois d.intervalle pour prendre en compte la

durée de la séroconversion).

2) En informer la personne handicapée, pour qu.elle puisse, à son

niveau, comprendre les effets de la séropositivité, les dangers de

la contamination et de la surcontamination, et accepter les thérapeutiques

prévues.

Dossier : Handicap et Sexualité

3) En informer les parents et les associer aux dispositifs de vigilance

à mettre en place.

4) Assurer à la personne séropositive les soins qui lui sont nécessaires

et le suivi médical qui les accompagne.

5) En parler au sein de l.équipe (dans l.obligation du secret) pour

exercer un accompagnement plus spécifique, une vigilance plus

attentive, et donner les informations élémentaires concernant la

vie quotidienne de cette personne : les supports possibles de contamination,

précautions en cas de blessures...

6) Réfléchir au sein de l.association gestionnaire, surtout si celle-ci

est une association de parents, pour adopter une position éthique

allant dans le sens du maintien en établissement et un accord

sur les points précédemment cités.

7) En aucun cas, chercher à régler le problème par l.exclusion ou le

transfert dans un éventuel ailleurs supposé mieux équipé.

EN GUISE DE CONCLUSION

Trois points pourraient résumer la dynamique de notre réflexion.

1. Les professionnels sont compétents pour accompagner l.expression

de la sexualité dans la logique d.une qualification qui sait écouter,

aider : . Ce qui change pour nous tous, professionnels et parents, est que, à

partir du moment où l.on partage ces questions sans réponses, quand on

arrive à en parler, entre professionnels, avec les parents, avec les adultes

concernés, au cas par cas, avec leurs capacités de compréhension, il y a déjà

des choses qui changent .. (C. BISEAU, in Questions posées par l.expression

de la sexualité chez les handicapés mentaux, IRTS-PACA,

Arc en Ciel 1994).

2. Cette compétence nous est donnée par notre propre réflexion

sur notre sexualité et par la personne handicapée elle-même : c.est

elle qui fonde notre compétence, non l.inverse. L.éducateur au sens

large du terme qui ne se saisirait pas de la question de la sexualité de la

personne qu.il accompagne , non seulement mutile cette dernière d.un

aspect important de sa vie, mais se mutile lui-même dans sa compé-

tence éducative.

Au contraire, en prenant en compte cette dimension, il donne de l.envergure

à son accompagnement, en y incluant, avec le tact et le savoirfaire

qui le caractérise, ce domaine de grande charge émotionnelle, relationnelle,

sociale.

Entre interdit et accompagnement...

3. La vie de couple est normale.

Certaines institutions annoncent la couleur :

n . tu auras des rapports sexuels ou tu vivras en couple quand tu seras

dehors ou quand tu vivras dans un appartement. Ce qui veut dire

qu.il est très difficile d.être adulte sans être autonome et qu.il faut

déjà avoir des capacités reconnues sur le plan de l.autonomie et sur

le plan intellectuel ou communicationnel pour avoir accès à la vie

de couple.

Mais la notion de couple ne devrait pas être une question d.efficience

intellectuelle ni de degré d.autonomie : elle est une question d.amour,

d.affection, de rapprochement de deux êtres, tout simplement.. (Mr

PELLOIS, Directeur, in Questions posées par l.expression de la

sexualité 


20/11/2012
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SEXUALITÉ DES HANDICAPE(ES) MENTAUX

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Ressources et outils à destination des personnes en situation de handicap mental

 

Cette page vous propose une sélection des ressources pour vous aider à mettre en place et animer une action de prévention et d'éducation affective et sexuelle auprès des personnes en situation de handicap mental.

Certaines ressources sont accessibles en ligne en texte intégral, d'autres sont consultables dans notre centre de documentation (n'hésitez pas à nous contacter) 

 

handis_services@yahoo.fr

 

.

 

Vous y trouverez : 

 

Des guides méthodologiques

Pour connaître les différentes  étapes à mettre en œuvre pour mettre en place un programme d'éducation affective et sexuelle dans une institution 

Guide de bonnes pratiques dans le contexte des institutions spécialisées / SEHP (Sexualité Et Handicap Pluriels) (Genève, Suisse) / 2012   

Guide sexualité et handicap. Guide à l'attention des professionnelles de l'animation à la vie affective et sexuelle (VAS) des Centres de Planning Familial (CPF) / FPS (Femmes Prévoyantes Socialistes) (Bruxelles, Belgique) / 2011   

Affectivité, sexualité et handicap / ASPH (Association socialiste de la personne handicapée) (Bruxelles, Belgique) / 2011   

 

 

Des guides pédagogiques

- pour comprendre les spécificités de ce public face à la sexualité

- pour découvrir des approches pédagogiques et des activités adaptées

Guide sexualité et handicap. Guide à l'attention des professionnelles de l'animation à la vie affective et sexuelle (VAS) des Centres de Planning Familial (CPF) / FPS (Femmes Prévoyantes Socialistes) (Bruxelles, Belgique) / 2011   

Une affaire de grand : des repères pour agir en éducation affective et sexuelle dans les instituts médico-éducatifs / IREPS (Instance Régionale d'Education Pour la Santé), Pays-de-la-Loire / 2011 

Accompagnement à la vie affective et sexuelle : guide pratique pour l'animation des groupes de parole / Handicap International (Lyon, France) / 2007   

Guide d'éducation sexuelle à l'usage des professionnels : tome 2, La personne handicapée mentale / R TREMBLAY / Toulouse [France] : Erès - 2001 

Vivre son affectivité et sa sexualité : éducation affective et sexuelle pour adultes handicapés mentaux, un matériel didactique / MATHEI I / Liège [Belgique] : Editions Jeunesse et droit - 2004 

Voir la suite...

 

Des outils pédagogiques

présentant des supports (visuels, planches illustrées...) adaptés aux caractéristiques de ce public

Matériel pédagogique pour un programme d'éducation sexuelle pour la personne handicapée mentale / 2002 

Des femmes et des hommes : programme d'éducation affective, relationnelle et sexuelle, destiné aux personnes déficientes mentales / DELVILLE J / Namur [Belgique] : Presses Universitaires de Namur - 2000 

Sida, que savons-nous ? 33 cartes pour en parler / 1994 

Sida images : 30 cartes illustrées sur la transmission, la prévention, les conduites à risque et les fausses croyances / 1998 

Sex and the 3R’s: Rights, Responsabilities and Risks: a sex education package for working with people difficulties/ 1992 

 

Des vidéos

- un documentaire

- des supports pédagogiques pour des actions de prévention 

Vu d'ici : regards sur le sida et le handicap / 2004 

Choix amoureux; My choice, my own choice / 1999 

La sexualité pas à pas ; Piece by piece / 1999 

Guide sur la sexualité pour les jeunes / 1989 

Paul, Marie, Christophe, Hélène, Camille, Alex... face au sida / 1996 

Voir la suite...

 

Des brochures

accessibles, illustrées de dessins ou de schémas, elles peuvent servir de support pédagogique ou être distribuées à ce public

Les filles : guide du corps féminin ; les garçons : guide du corps masculin / CRIPS (Centre Régional d'Information et de Prévention du Sida), Ile-de-France (Paris, France) / 2011   

Informations sur la sexualité et le sida : adolescents / AIDES Fédération Nationale Groupe Sourds (Pantin, France) / 2008 

Sida, Syndrome d'Immuno Déficience Acquise : mortel combat / Diagonale Ile-de-France, Juvisy-sur-Orge / 2007 

Information sida sourds adultes / AIDES Fédération Nationale Groupe Sourds (Pantin, France) / 2003   

 

Des sites Internet 

CeHReS. Centre de Ressources Handicap et Sexualité. : agir en faveur de la promotion de la santé sexuelle des personnes en situation de handicap  

Handésir. Vie affective et sexuelle / IREPS (Instance Régionale d'Education Pour la Santé), Pays-de-la-Loire  

 

http://handi-libertin.onlc.fr

 

 

http://assohandicap.blog4ever.com

 

 

http://sexotherapeute.onlc.fr

 

 

 

 


17/11/2012
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CANDIDATURE AU POSTE D'ANIMATEUR POUR LES PERSONNES HANDICAPEES MENTALES

 

 

 

 

SYLVIE EST UNE DES JEUNES FEMMES HANDICAPEES MENTALE QUI ONT BENEFICIE DE MES SERVICES ET AIDES.

 

 

Assohandicap

54, rue blanquerie

11300 Limoux.

 

assohandicap@live.fr

 

http://handis-mentaux.blog4ever.com

 

 

 

 

                                                                                                          Madame, Monsieur

                                                                                                         

 

 

Objet : Candidature au poste d’animateur pour personnes handicapées mentales

 

 

Madame, Monsieur,

 

 

Actuellement .gestionnaire de plusieurs sites internet destinés aux adultes handicapé(es), de tous handicaps. Et responsable de l’association, « Assohandicap », domiciliée à Limoux (Aude). Crée par et pour les personnes en situation de handicap mental et physique, les personnes atteintes d’un handicap physique, peuvent avoir une apparence disgracieuse, tout en restant autonomes. C’est alors que pour certaines de ces personnes, la solitude, parfois « cachée » existe, malgré l’affirmation de ces personnes, d’être accompagnées, ou en couple, « un petit copain «, je souhaite vivement  mettre mes atouts au service de votre association.

 

 

En effet, de par ma connaissance de diverses personnes handicapées (es), et de divers handicaps, pour avoir fréquenté à plusieurs reprises, ce type de personne, dans le travail, par des visites régulières à leur domicile, ou parfois dans diverses institutions adaptées. J’ai également reçue à mon propre domicile ce type de personnes, pour des discutions, boire un café, plus rarement, pour partager un repas. Plusieurs femmes reconnues handicapées ont bénéficié des ces aides de ma part. De ce fait, j’ai pu acquérir une certaine expérience, depuis environ les années « 80 », jusqu’à ce jour. Je possède  des connaissances et des qualités indispensables pour contribuer par l’activité au maintien de la vie sociale des personnes handicapées mentales, et (ou) physiques.

 

Ainsi, je saurai proposer des activités variées : en continuant à leur demande de leur rendre des visites, à leur domicile, ou dans les institutions les recevant pour des périodes plus ou moins longues. Je peux proposer l’organisation de repas, à mon domicile, préparation et partage, des accompagnements en informatique, travail avec l’utilisation du logiciel « Word », la création de sites internet et de blogs très complets, quasiment professionnels, avec la possibilité de mise en ligne et référencement en quelques minutes, avec le suivis de leurs évolutions. Des aides plus personnelles, pourront également être entreprises sur demandes. Afin de les aider à s’intégrer et à améliorer l’image qu’elles ont d’elles mêmes.

 

Un partenariat au sein de votre structure me permettra d'évoluer dans mon parcours, étant moi-même reconnue handicapé, et libre, Dynamique, créatif, réactif, patient, sociable et ouvert d’esprit. Je n'aurai aucune difficulté à intégrer votre équipe.

 

1. Disposant d’une grande pratique de l’animation, je saurai proposer des projets originaux et variés, mon goût pour le contact avec les personnes handicapées mentales, qui pourraient reprendre après plusieurs années d’arrêt.  Et mon dynamisme me permettra de m’adapter rapidement.

2. Ma connaissance du fonctionnement d’une structure accueillant des personnes handicapées mentales me permettra de prendre en charge l’animation d’un groupe regroupant entre deux à cinq personnes, qui me sera confié, ou qui m’en fera la demande. De plus, je dispose d’une certaine créativité en ce qui concerne internet,  et d’une certaine connaissance de la psychologie.

3. Passionné(e) par l’animation, je pourrai m’intégrer rapidement et progresser et veiller à la satisfaction et au bien-être des personnes handicapées mentales et à la bonne exécution des tâches qui me seront confiées, ou dont je prendrai moi-même l’initiative, au grès des demandes des personnes que je rencontrerai. Je prendrai en compte pour mener à bien cette activité, la loi du 11 févier 2005, pour le droit à l’autonomie des personnes handicapées, et à l’égalité des chances et des droits, en particulier certains droits reconnus comme fondamentaux.

4. Mon expérience me permet une connaissance du travail auprès des personnes handicapées mentales, une grande polyvalence, une forte capacité d’adaptabilité, le sens de l’écoute et du partage. Et leur rendre, dans le respect et à leur demande, le droit à une certaine intimité.

 

Textes concernant la relation sexuée > Développement de la vie affective et sexuelle des personnes (...)

Développement de la vie affective et sexuelle des personnes handicapées


  

1. Généralités

Tenter de comprendre le vécu des personnes handicapées mentales est une gageure. Quelqu’effort de représentation mentale que nous nous en fassions, il nous est difficile d’entrer dans leur corps et dans leur tête.

Nous ne pouvons nous épargner d’évoquer cette population en termes d’objets de notre démarche intellectuelle. Au pire, nous les observons en anthropologues ; au mieux, en éducateurs ou parents substitutifs. Notre position reste toujours celle du fort par rapport au faible, de l’intelligent face au déficient, de celui qui dispose de l’autorité face à celui qui doit la subir.

Individuellement et collectivement au sein de notre société, nous avons une représentation ou plutôt un fantasme de ce qu’est la « normalité » et nous avons établi toutes sortes d’évaluations pour savoir quand et comment on s’en éloigne. Il est donc intéressant de rappeler comment nous envisageons le développement d’un individu qui approcherait cette norme harmonieuse, et nous verrons mieux comment d’autres s’en éloignent dramatiquement. La trajectoire idéale serait donc celle d’un enfant né dans une famille équilibrée où il est désiré par ses géniteurs. La naissance est sans particularité et dans son carnet de santé ne figurent qu’une bonne progression du poids et de la taille. La constellation familiale est solide, la fratrie est tolérante, les grands parents sont attentifs. Un tel enfant cheminerait tout au long des étapes de sa maturation affective et sexuelle sans traumatismes et sans névroses graves. Ensuite, fort de son intelligence, de la compréhension du monde et des relations sociales, il serait prêt à vivre une vie d’adulte épanoui, sachant gérer ses pulsions, ses sentiments et les exigences sociales.

En négatif de cette belle histoire, les personnes handicapées mentales ont rencontré des obstacles à tout moment de leur vie. Pour certains, les désordres chromosomiques, physiologiques, anatomiques ont marqué leur destin « in utero ». Pour d’autres, à la naissance ou dans la prime enfance, d’autres pathologies ont marqué un coup d’arrêt au développement psychomoteur. Et pour quelques-uns les carences relationnelles massives ont eu les mêmes effets que la maladie.

Les personnes handicapées mentales sont en fait des personnes désemparées. Situées dans un monde où elles sont minoritaires et où, par la faiblesse de leurs moyens cognitifs, elles ne peuvent revendiquer comme le ferait une minorité agissante « intelligente », elles sont l’objet du bon vouloir d’autrui dans leur relation immédiate, et du degré de tolérance sociale au sens politique. Ce qui les caractérise est donc une extrême dépendance qui les mène, de façon corrélative, à des besoins affectifs immenses. Jusqu’à ce jour, elles ont plutôt connu l’ostracisme, le rejet dans une société où la performance devient la seule reconnaissance. Evoquer leur sexualité, leur vie sentimentale résonne encore pour beaucoup comme une incongruité. Un peu comme au 19ème siècle quand on évoquait la sexualité des enfants. Pour cette population, nous imaginons d’ailleurs une espèce d’infantilisation qui la mettrait hors jeu, hors jeux amoureux tout particulièrement. Cette réaction n’est pas le fait du grand public peu préoccupé du problème.

Une analyse statistique très pertinente de Monsieur GIAMI a montré que l’on notait les mêmes réticences envers les manifestations sexuelles des déficients cognitifs auprès de leurs parents et à un moindre degré auprès des éducateurs spécialisés.

En milieu institutionnel nous avons pu observer que, quelle que soit la profondeur du handicap mental, la sexualité impulsive, neurohormonale pour les physiologues, principe de plaisir pour les psychanalystes, est toujours présente. Et rien, en dehors d’atteintes neurologiques graves, ne peut la réduire.

Quand les handicapés mentaux sont des enfants, ils bénéficient de la même tolérance presque du même regard sur la sexualité que les enfants normaux. L’enfant, dit Freud, est un pervers polymorphe, le jeune handicapé aussi. Mais il vient un temps, où l’éducation, la normalisation sociale doit apporter une régulation à cette vie instinctive. Pour trouver sa place dans le groupe humain, l’enfant puis l’adolescent doit tempérer ses tensions sexuelles et donner du sens à sa vie affective. Les lois doivent être entendues, comprises et intégrées dans une structure mentale qui agira sur le mode d’un code moral exigeant. Les individus intelligents s’accommoderont de ce surmoi et sauront gérer principe de plaisir et principe de réalité. Et l’intelligibilité du monde, sublimée dans des mécanismes de création ou de pouvoir, pourra être une forme de sexualité dégagée, en tout ou en partie, de la génitalité.

Les personnes handicapées mentales ne bénéficient pas de l’instrument cognitif qui leur permettrait d’atteindre ce très subtil équilibre entre l’affect et le désir. Pour la plupart, ils vivent dans un perpétuel abandonnisme. Leur sexualité est primitive, répétitive et peu satisfaisante. L’abandon est très souvent réel. Quand bien même ils ont reçu beaucoup d’attention, ils ne peuvent ultérieurement se consoler du statut d’infériorité que leur confère le handicap. Ils ne sont pas chez eux, ils sont en institution. Ils ont l’obligation d’une vie de groupe. Ils doivent s’accommoder de la présence non choisie d’autres handicapés. Ils ne bénéficient que d’une part de l’intérêt de l’éducateur qui doit veiller au bien-être de tous. Ils investissent, parfois surinvestissent, des gens qui ne seront que brièvement présents dans leur vie. Et quand vient le temps des ébauches de vie amoureuse, des passages à l’acte sexuel, ils seront presque systématiquement en échec. Leur besoin de reconnaissance, leur besoin de normalité les amèneront à multiplier les expériences. Leur faiblesse de jugement en fera les victimes faciles des cyniques ou des pervers. Leur méconnaissance de l’hygiène, de la contraception peut leur valoir maladie et grossesse inattendue.

La réalité quotidienne de la vie affective et sexuelle en institution se décrit donc en fonction de l’âge et de l’intelligence de la personne handicapée. L’évolution de l’instinct sexuel et des affects n’est cependant pas parallèle à ce gradient intellectuel. La vie affective, c’est-à-dire le besoin de vie relationnelle chaleureuse, tolérante et gratifiante n’est absent chez aucune des personnes handicapées. Cette exigence n’est pas très éloignée de celle que tout un chacun ressent. Même les autistes parfois réputés inaffectifs sont en fait de grands blessés de l’échec de la vie relationnelle. Plus que d’autres, ils sont à ré apprivoiser et doivent être éloignés des formes d’attachement archaïques à la mère. Ils sont l’exemple d’une relation apparemment riche car intense, mais pauvre car exclusive et fermée au reste du monde.

A l’exception de cet exemple extrême, nous constatons plutôt dans l’institution une avidité affective multiforme bien plus que des appétits ou des manifestations érotiques. Ces besoins affectifs intenses sont, bien entendu, la conséquence de la détresse morale et physique des personnes handicapées et de leur dépendance systématique. La sexualité est, en quelque sorte, un « luxe » que l’on ne peut envisager que si l’on est à peu près bien dans son corps et dans sa tête. Nous en faisons, nous aussi, l’expérience dans notre vie.

Les problèmes pratiques que nous souhaitons développer dans notre discussion sont de deux ordres.

En premier lieu, comment agir face aux manifestations sexuelles excessives, inappropriées, en contradiction avec les exigences de la pudeur ?

En second lieu, nous évoquerons les problèmes que suscite la gestion des transferts de toutes sortes que nous sommes amenés à rencontrer. Transferts actifs, c’est-à-dire projections quasi amoureuses des soignés à l’égard des soignants ou parfois des soignants à l’égard des soignés. Nous évoquerons les limites et les dangers de cette forme d’investissement.

En sortant des limites institutionnelles, il faudra étendre notre réflexion au vécut « extra muros » de nos résidents, auprès de leur famille ou famille d’accueil. Nous aurons à évaluer les effets de cette intrication des expériences extérieures et intérieures. Et, toujours à l’extérieur de l’institution, nous essayerons d’analyser sans complaisance la réalité du vécu affectif et sexuel de la personne handicapée, seule ou en couple, placée dans la société non- protégée.

 

2. Les exigences de la pudeur

Voir, être vu et montrer, c’est bien autour du regard que se joue en grande partie notre tolérance à la vie sexuelle. Celle-ci est faite d’instincts, de stimulations neurohormonales qui parcourent le corps et aboutissent à une appétence pour un objet sexuel vécu comme attractif et désirable. La vie sexuelle n’est discrète que pour ceux qui, très socialisés, savent la dissimuler à bon escient. Mais la vie sexuelle à ses localisations apparentes dans le corps, elle a une gestuelle évidente. Et quand n’existe pas ce rideau légèrement opaque, légèrement transparent qu’est la pudeur, nous sommes heurtés, nous ne voulons pas voir trop clairement la part animale de notre sexualité, nous ne voulons pas être le témoin du désir de l’autre, nous voulons ignorer notre propre désir.

En institution, il faut tenir compte des sentiments de pudeur des résidents. Si nous voulons obtenir un comportement pudique, il est clair que nous devons nous-mêmes respecté la pudeur des personnes handicapées lors des bains, douches ou changement de couches. Nous devons être aussi exigeants que nous le serions pour nous mêmes si nous devions subir le regard des autres. Voilà en quelques mots ce qu’il en est des préoccupations de pudeur des intervenants.

Evoquons maintenant l’impudeur de certaines personnes handicapées, et tout particulièrement celle concernant les personnes dont les fonctions cognitives sont les plus frustes (celle que l’on rencontre dans les encéphalopathies graves ou les autismes profonds). Le problème est bien souvent celui d’une masturbation frénétique qui se manifeste au vu et au su de tous, parfois pendant de longues périodes. La personne intéressée n’est en général que peu influencée par des admonestations de type moral : « ce n’est pas bien, ça ne se fait pas ». Elle ne renonce en général à son activité que quand elle est momentanément satisfaite, ou cède à des injonctions autoritaires dont la compréhension est aussi banale que "cesser de manger ou de courir».

Dans ces situations, nous évitons que l’intéressé de surcroit ne s’exhibe. Nous l’isolons autant que possible et tentons de l’occuper avec des activités dérivatives. Pour d’autres enfants ou adolescents dont les moyens cognitifs sont de l’ordre de la débilité moyenne ou légère, nous procédons comme avec tout enfant normal en lui faisant comprendre ce qu’on attend de lui. Paradoxalement, les manifestations excessives des grands déficients sont à peu près gérables car les appétits sexuels sont réduits par les traitements neuroleptiques ou antiépileptiques qui sont indispensables à ces personnes. Et surtout cette activité reste solitaire. L’autre n’est guère concerné en-dehors de quelques attouchements furtifs. Mais quand les adolescents, des jeunes gens ou des adultes passent à l’acte, la situation est plus délicate et l’institution doit répondre de ces comportements.

 

3. Responsabilités de l’institution

Nous devons être attentifs aux attentes des parents et nous devons tenir compte des normes sociales du moment, et, bien souvent, ces exigences sont contradictoires.

Ainsi, tous les travaux menés aujourd’hui même sont sous-tendus par l’idée que la sexualité des personnes handicapées était méconnue et peu tolérée. Un plus grand « libéralisme » semble attendu. Ce n’est pas le discours que tiennent habituellement les parents. Les familles nous parlent de « prudence » de « protection » de « modération » en ce qui concerne la personne handicapée qu’elles nous confient. Des études statistiques menées auprès de nombreux parents et éducateurs montrent que ce sont ces derniers qui sont les plus tolérants face à ces problèmes. Les parents sont significativement moins tolérants en général. Ils le sont un peu plus quand il s’agit des enfants des autres.

 

4. A propos du « Droit à la sexualité »

Ainsi, c’est bien un droit à la sexualité qui semble être revendiqué. Il s’inscrit dans la liste des nouveaux droits concernant certains groupes de population qui en étaient jusque-là privés. I1 s’agit habituellement d’un progrès démocratique prenant en compte des situations de faiblesse ou d’exploitation. Ces droits apportent une protection nouvelle à des catégories de personnes habituellement menacées. On peut citer les droits de la femme, les droits de l’enfant, les droits des minorités ou plus généralement des droits linguistiques, culturels ou confessionnels.

Pour ce qui est du droit sexuel, nous sommes sur un terrain plus diff1cile. Si nous décidons que le droit au plaisir sexuel est un droit fondamental, il faudrait admettre toutes les formes de comportements qui permettent d’accéder à ce plaisir, y compris les comportements pervers. Il nous est plus facile d’admettre au prof1t des personnes mentalement handicapées un droit à la vie de couple se déroulant dans les meilleures conditions de vie pratique et affective. Mais il n’en est pas de même du droit au plaisir érotique. Nous ne nous l’accordons pas facilement car nous en connaissons les aléas et les conséquences. Pouvons-nous revendiquer pour les personnes mentalement handicapées comme un gain de liberté, comme la fin d’une privation ?

Pour tenter de répondre à cette question, nous pouvons nous référer à l’expérience des C.H.S., c’est-à-dire des hôpitaux psychiatriques. Au décours de la « libération sexuelle » des années 68-75, l’organisation de ces hôpitaux a été modifiée. Les hommes et les femmes qui jusque-là étaient strictement séparés ont bénéficié d’une mixité partielle ou totale selon les services. A l’heure actuelle, le personnel des H.P est plutôt désarmé face à la multiplication des passages à l’acte sexuels, où le consentement des partenaires n’est pas évident et où les divers partenaires ne constituent que rarement des couples. La gestion de la contraception, des grossesses, des maladies sexuellement transmissibles est devenue préoccupante.

Nous pouvons facilement faire le parallèle entre les malades hospitalisés et la population adulte qui se trouve dans nos institutions. Il faut y ajouter les difficultés spécifiques propres à la présence d’enfants ou d’adolescents. Pour ces derniers, le droit au plaisir sexuel ne nous paraît pas prioritaire. Plus que révéler ou amplifier leurs pulsions, nous avons à nous battre pour leur éviter d’être « victimisés » par la sexualité, car ils peuvent être victimes de leur propres pulsions mal contrôlées ou mal tolérées, victimes d’abus de toutes sortes et surtout victimes de leurs illusions dans leur attente amoureuse.

 

5. Aléas de la vie affective des personnes handicapées mentales

Nous évoquions au cours de notre réflexion les illusions de l’attente amoureuse chez les personnes mentalement handicapées, en âge de vivre une relation de couple. C’est bien d’amour qu’il s’agit, sous toutes ses formes et à tout moment de la vie. De la réussite ou de l’échec des interactions affectives dépendra toute l’existence de la personne handicapée. Sa santé, son ouverture d’esprit, son aptitude à vivre ou à survivre seront étroitement liées à la qualité et à la pérennité des échanges affectifs. La vie sensuelle proprement dite ne sera qu’un élément, parfois favorisant, d’une relation réussie à l’autre.

Mais il nous faut être réaliste. La vie affective des personnes mentalement handicapées s’illustre souvent par des carences criantes, des ruptures, des dispersions, des frustrations. Tous ces qualificatifs négatifs semblent bien pessimistes. Ils correspondent, hélas, à ce que nous observons au long cours, de la vie de ces personnes. Le désintérêt pour un enfant par exemple peut précéder sa naissance. Les carences de soins, d’interactions mère-enfant peuvent être précoces et aboutir à de véritables catastrophes Ce désamour où désintérêt auront des conséquences, tout au long de la vie pour l’enfant. Et sa vie affective précocement et cruellement traumatisée aura bien du mal à renaître.

Toutes les situations ne sont pas aussi dramatiques. Nous observons le plus souvent des comportements de rejet de la part des parents qui prennent la forme d’un « non-dit ». L’attitude de l’entourage est alors une négligence manifeste mais niée, ou un hyper investissement de l’enfant destiné à neutraliser les blessures narcissiques des parents. Dans les meilleurs des cas, quand l’enfant a réellement sa place et est chéri au même titre que ses frères et sœurs, il aura à connaître l’ostracisme des autres, et sa famille ne pourra le protéger du désamour ou désintérêt social. Les cas les plus fréquents sont ceux des enfants qui auront connu des successions, parfois des kyrielles de prises en charge. Dans ces établissements, ils auront connu également une multiplicité de personnels.

Il leur faudra sans cesse investir et désinvestir cet entourage, qui change dans l’année, dans la semaine, dans la journée. Et à l’inverse, les éducateurs et autres intervenants auront rarement l’opportunité de suivre au long cours ceux qui leur sont confiés. En conséquence, chacun reste en quelque sorte sur ses gardes. Pourquoi développer des relations affectives chaleureuses alors qu’elles peuvent être à tout moment rompues ? Personne ne veut souffrir, et ceux qui ont été échaudés restent sur leurs réserves. Et personne n’oublie qu’il ne doit se substituer aux parents, même à ceux qui sont déficients. Et enfin personne n’oublie les accusations qu’il peut encourir à vivre dans une trop grande proximité d’enfants et d’adolescents. Dans les meilleurs cas, quand la vie affective prend le caractère d’une vie amoureuse entre deux personnes handicapées adultes, celles-ci ne seront en fait jamais seules. Le couple constitué devra être suivi et protégé par des parents ou des tuteurs toute la vie.

 

6. Conclusion

Toutes ces considérations ont été développées pour faire comprendre à tous que les personnels des institutions sont à ce jour dans un mouvement destiné à favoriser au mieux toutes les formes de la vie affective de la petite enfance à la vie d’adulte.

Nous sommes bien conscients de ce mouvement de société qui va dans le sens d’un plus de bonheur pour les personne handicapées. Nous souhaitons que tout un chacun sache développer un plus d’altruisme, un plus d’humanisme et un plus d’amour pour aboutir à cet objectif

 

Je reste bien entendu à votre entière disposition pour une rencontre éventuelle ou pour toutes informations complémentaires.

 

Je vous remercie de l’attention que vous porterez à ma candidature et vous prie d’agréer, Madame (Monsieur), l’expression de mes salutations distinguées.

 

 

                                                                                                                      Signature

 

 

 


31/10/2012
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DEVELOPPEMENT DE LA VIE AFFECTIVE ET SEXUELLE DES PERSONNES HANDICAPEES MENTALES

 

Textes concernant la relation sexuée > Développement de la vie affective et sexuelle des personnes (...)

Développement de la vie affective et sexuelle des personnes handicapées


 

 

1. Généralités

Tenter de comprendre le vécu des personnes handicapées mentales est une gageure. Quelqu’effort de représentation mentale que nous nous en fassions, il nous est difficile d’entrer dans leur corps et dans leur tête.

Nous ne pouvons nous épargner d’évoquer cette population en termes d’objets de notre démarche intellectuelle. Au pire, nous les observons en anthropologues ; au mieux, en éducateurs ou parents substitutifs. Notre position reste toujours celle du fort par rapport au faible, de l’intelligent face au déficient, de celui qui dispose de l’autorité face à celui qui doit la subir.

Individuellement et collectivement au sein de notre société, nous avons une représentation ou plutôt un fantasme de ce qu’est la « normalité » et nous avons établi toutes sortes d’évaluations pour savoir quand et comment on s’en éloigne. Il est donc intéressant de rappeler comment nous envisageons le développement d’un individu qui approcherait cette norme harmonieuse, et nous verrons mieux comment d’autres s’en éloignent dramatiquement. La trajectoire idéale serait donc celle d’un enfant né dans une famille équilibrée où il est désiré par ses géniteurs. La naissance est sans particularité et dans son carnet de santé ne figurent qu’une bonne progression du poids et de la taille. La constellation familiale est solide, la fratrie est tolérante, les grands parents sont attentifs. Un tel enfant cheminerait tout au long des étapes de sa maturation affective et sexuelle sans traumatismes et sans névroses graves. Ensuite, fort de son intelligence, de la compréhension du monde et des relations sociales, il serait prêt à vivre une vie d’adulte épanoui, sachant gérer ses pulsions, ses sentiments et les exigences sociales.

En négatif de cette belle histoire, les personnes handicapées mentales ont rencontré des obstacles à tout moment de leur vie. Pour certains, les désordres chromosomiques, physiologiques, anatomiques ont marqué leur destin « in utero ». Pour d’autres, à la naissance ou dans la prime enfance, d’autres pathologies ont marqué un coup d’arrêt au développement psychomoteur. Et pour quelques-uns les carences relationnelles massives ont eu les mêmes effets que la maladie.

Les personnes handicapées mentales sont en fait des personnes désemparées. Situées dans un monde où elles sont minoritaires et où, par la faiblesse de leurs moyens cognitifs, elles ne peuvent revendiquer comme le ferait une minorité agissante « intelligente », elles sont l’objet du bon vouloir d’autrui dans leur relation immédiate, et du degré de tolérance sociale au sens politique. Ce qui les caractérise est donc une extrême dépendance qui les mène, de façon corrélative, à des besoins affectifs immenses. Jusqu’à ce jour, elles ont plutôt connu l’ostracisme, le rejet dans une société où la performance devient la seule reconnaissance. Evoquer leur sexualité, leur vie sentimentale résonne encore pour beaucoup comme une incongruité. Un peu comme au 19ème siècle quand on évoquait la sexualité des enfants. Pour cette population, nous imaginons d’ailleurs une espèce d’infantilisation qui la mettrait hors jeu, hors jeux amoureux tout particulièrement. Cette réaction n’est pas le fait du grand public peu préoccupé du problème.

Une analyse statistique très pertinente de Monsieur GIAMI a montré que l’on notait les mêmes réticences envers les manifestations sexuelles des déficients cognitifs auprès de leurs parents et à un moindre degré auprès des éducateurs spécialisés.

En milieu institutionnel nous avons pu observer que, quelle que soit la profondeur du handicap mental, la sexualité impulsive, neurohormonale pour les physiologues, principe de plaisir pour les psychanalystes, est toujours présente. Et rien, en dehors d’atteintes neurologiques graves, ne peut la réduire.

Quand les handicapés mentaux sont des enfants, ils bénéficient de la même tolérance presque du même regard sur la sexualité que les enfants normaux. L’enfant, dit Freud, est un pervers polymorphe, le jeune handicapé aussi. Mais il vient un temps, où l’éducation, la normalisation sociale doit apporter une régulation à cette vie instinctive. Pour trouver sa place dans le groupe humain, l’enfant puis l’adolescent doit tempérer ses tensions sexuelles et donner du sens à sa vie affective. Les lois doivent être entendues, comprises et intégrées dans une structure mentale qui agira sur le mode d’un code moral exigeant. Les individus intelligents s’accommoderont de ce surmoi et sauront gérer principe de plaisir et principe de réalité. Et l’intelligibilité du monde, sublimée dans des mécanismes de création ou de pouvoir, pourra être une forme de sexualité dégagée, en tout ou en partie, de la génitalité.

Les personnes handicapées mentales ne bénéficient pas de l’instrument cognitif qui leur permettrait d’atteindre ce très subtil équilibre entre l’affect et le désir. Pour la plupart, ils vivent dans un perpétuel abandonnisme. Leur sexualité est primitive, répétitive et peu satisfaisante. L’abandon est très souvent réel. Quand bien même ils ont reçu beaucoup d’attention, ils ne peuvent ultérieurement se consoler du statut d’infériorité que leur confère le handicap. Ils ne sont pas chez eux, ils sont en institution. Ils ont l’obligation d’une vie de groupe. Ils doivent s’accommoder de la présence non choisie d’autres handicapés. Ils ne bénéficient que d’une part de l’intérêt de l’éducateur qui doit veiller au bien-être de tous. Ils investissent, parfois surinvestissent, des gens qui ne seront que brièvement présents dans leur vie. Et quand vient le temps des ébauches de vie amoureuse, des passages à l’acte sexuel, ils seront presque systématiquement en échec. Leur besoin de reconnaissance, leur besoin de normalité les amèneront à multiplier les expériences. Leur faiblesse de jugement en fera les victimes faciles des cyniques ou des pervers. Leur méconnaissance de l’hygiène, de la contraception peut leur valoir maladie et grossesse inattendue.

La réalité quotidienne de la vie affective et sexuelle en institution se décrit donc en fonction de l’âge et de l’intelligence de la personne handicapée. L’évolution de l’instinct sexuel et des affects n’est cependant pas parallèle à ce gradient intellectuel. La vie affective, c’est-à-dire le besoin de vie relationnelle chaleureuse, tolérante et gratifiante n’est absente chez aucune des personnes handicapées. Cette exigence n’est pas très éloignée de celle que tout un chacun ressent. Même les autistes parfois réputés inaffectifs sont en fait de grands blessés de l’échec de la vie relationnelle. Plus que d’autres, ils sont à ré apprivoiser et doivent être éloignés des formes d’attachement archaïques à la mère. Ils sont l’exemple d’une relation apparemment riche car intense, mais pauvre car exclusive et fermée au reste du monde.

A l’exception de cet exemple extrême, nous constatons plutôt dans l’institution une avidité affective multiforme bien plus que des appétits ou des manifestations érotiques. Ces besoins affectifs intenses sont, bien entendu, la conséquence de la détresse morale et physique des personnes handicapées et de leur dépendance systématique. La sexualité est, en quelque sorte, un « luxe » que l’on ne peut envisager que si l’on est à peu près bien dans son corps et dans sa tête. Nous en faisons, nous aussi, l’expérience dans notre vie.

Les problèmes pratiques que nous souhaitons développer dans notre discussion sont de deux ordres.

En premier lieu, comment agir face aux manifestations sexuelles excessives, inappropriées, en contradiction avec les exigences de la pudeur ?

En second lieu, nous évoquerons les problèmes que suscitent la gestion des transferts de toutes sortes que nous sommes amenés à rencontrer. Transterts actifs, c’est-à-dire projections quasi amoureuses des soignés à l’égard des soignants ou parfois des soignants à l’égard des soignés. Nous évoquerons les limites et les dangers de cette forme d’investissement.

En sortant des limites institutionnelles, il faudra étendre notre réflexion au vécut « extra muros » de nos résidents, auprès de leur famille ou famille d’accueil. Nous aurons à évaluer les effets de cette intrication des expériences extérieures et intérieures. Et, toujours à l’extérieur de l’institution, nous essayerons d’analyser sans complaisance la réalité du vécu affectif et sexuel de la personne handicapée, seule ou en couple, placée dans la société non- protégée.

 

2. Les exigences de la pudeur

Voir, être vu et montrer, c’est bien autour du regard que se joue en grande partie notre tolérance à la vie sexuelle. Celle-ci est faite d’instincts, de stimulations neurohormonales qui parcourent le corps et aboutissent à une appétence pour un objet sexuel vécu comme attractif et désirable. La vie sexuelle n’est discrète que pour ceux qui, très socialisés, savent la dissimuler à bon escient. Mais la vie sexuelle à ses localisations apparentes dans le corps, elle a une gestuelle évidente. Et quand n’existe pas ce rideau légèrement opaque, légèrement transparent qu’est la pudeur, nous sommes heurtés, nous ne voulons pas voir trop clairement la part animale de notre sexualité, nous ne voulons pas être le témoin du désir de l’autre, nous voulons ignorer notre propre désir.

En institution, il faut tenir compte des sentiments de pudeur des résidents. Si nous voulons obtenir un comportement pudique, il est clair que nous devons nous-mêmes respecté la pudeur des personnes handicapées lors des bains, douches ou changement de couches. Nous devons être aussi exigeants que nous le serions pour nous mêmes si nous devions subir le regard des autres. Voilà en quelques mots ce qu’il en est des préoccupations de pudeur des intervenants.

Evoquons maintenant l’impudeur de certaines personnes handicapées, et tout particulièrement celle concernant les personnes dont les fonctions cognitives sont les plus frustes (celle que l’on rencontre dans les encéphalopathies graves ou les autismes profonds). Le problème est bien souvent celui d’une masturbation frénétique qui se manifeste au vu et au su de tous, parfois pendant de longues périodes. La personne intéressée n’est en général que peu influencée par des admonestations de type moral : « ce n’est pas bien, ça ne se fait pas ». Elle ne renonce en général à son activité que quand elle est momentanément satisfaite, ou cède à des injonctions autoritaires dont la compréhension est aussi banale que "cesser de manger ou de courir».

Dans ces situations, nous évitons que l’intéressé de surcroit ne s’exhibe. Nous l’isolons autant que possible et tentons de l’occuper avec des activités dérivatives. Pour d’autres enfants ou adolescents dont les moyens cognitifs sont de l’ordre de la débilité moyenne ou légère, nous procédons comme avec tout enfant normal en lui faisant comprendre ce qu’on attend de lui. Paradoxalement, les manifestations excessives des grands déficients sont à peu près gérables car les appétits sexuels sont réduits par les traitements neuroleptiques ou anti-épileptiques qui sont indispensables à ces personnes. Et surtout cette activité reste solitaire. L’autre n’est guère concerné en-dehors de quelques attouchements furtifs. Mais quand les adolescents, des jeunes gens ou des adultes passent à l’acte, la situation est plus délicate et l’institution doit répondre de ces comportements.

 

3. Responsabilités de l’institution

Nous devons être attentifs aux attentes des parents et nous devons tenir compte des normes sociales du moment, et, bien souvent, ces exigences sont contradictoires.

Ainsi, tous les travaux menés aujourd’hui même sont sous-tendus par l’idée que la sexualité des personnes handicapées était méconnue et peu tolérée. Un plus grand « libéralisme » semble attendu. Ce n’est pas le discours que tiennent habituellement les parents. Les familles nous parlent de « prudence » de « protection » de « modération » en ce qui concerne la personne handicapée qu’elles nous confient. Des études statistiques menées auprès de nombreux parents et éducateurs montrent que ce sont ces derniers qui sont les plus tolérants face à ces problèmes. Les parents sont significativement moins tolérants en général. Ils le sont un peu plus quand il s’agit des enfants des autres.

 

4. A propos du « Droit à la sexualité »

Ainsi, c’est bien un droit à la sexualité qui semble être revendiqué. Il s’inscrit dans la liste des nouveaux droits concernant certains groupes de population qui en étaient jusque-là privés. I1 s’agit habituellement d’un progrès démocratique prenant en compte des situations de faiblesse ou d’exploitation. Ces droits apportent une protection nouvelle à des catégories de personnes habituellement menacées. On peut citer les droits de la femme, les droits de l’enfant, les droits des minorités ou plus généralement des droits linguistiques, culturels ou confessionnels.

Pour ce qui est du droit sexuel, nous sommes sur un terrain plus diff1cile. Si nous décidons que le droit au plaisir sexuel est un droit fondamental, il faudrait admettre toutes les formes de comportements qui permettent d’accéder à ce plaisir, y compris les comportements pervers. Il nous est plus facile d’admettre au prof1t des personnes mentalement handicapées un droit à la vie de couple se déroulant dans les meilleures conditions de vie pratique et affective. Mais il n’en est pas de même du droit au plaisir érotique. Nous ne nous l’accordons pas facilement car nous en connaissons les aléas et les conséquences. Pouvons-nous revendiquer pour les personnes mentalement handicapées comme un gain de liberté, comme la fin d’une privation ?

Pour tenter de répondre à cette question, nous pouvons nous référer à l’expérience des C.H.S., c’est-à-dire des hôpitaux psychiatriques. Au décours de la « libération sexuelle » des années 68-75, l’organisation de ces hôpitaux a été modifiée. Les hommes et les femmes qui jusque-là étaient strictement séparés ont bénéficié d’une mixité partielle ou totale selon les services. A l’heure actuelle, le personnel des H.P est plutôt désarmé face à la multiplication des passages à l’acte sexuels, où le consentement des partenaires n’est pas évident et où les divers partenaires ne constituent que rarement des couples. La gestion de la contraception, des grossesses, des maladies sexuellement transmissibles est devenue préoccupante.

Nous pouvons facilement faire le parallèle entre les malades hospitalisés et la population adulte qui se trouve dans nos institutions. Il faut y ajouter les difficultés spécifiques propres à la présence d’enfants ou d’adolescents. Pour ces derniers, le droit au plaisir sexuel ne nous paraît pas prioritaire. Plus que révéler ou amplifier leurs pulsions, nous avons à nous battre pour leur éviter d’être « victimisés » par la sexualité, car ils peuvent être victimes de leur propres pulsions mal contrôlées ou mal tolérées, victimes d’abus de toutes sortes et surtout victimes de leurs illusions dans leur attente amoureuse.

 

5. Aléas de la vie affective des personnes handicapées mentales

Nous évoquions au cours de notre réflexion les illusions de l’attente amoureuse chez les personnes mentalement handicapées, en âge de vivre une relation de couple. C’est bien d’amour qu’il s’agit, sous toutes ses formes et à tout moment de la vie. De la réussite ou de l’échec des interactions affectives dépendra toute l’existence de la personne handicapée. Sa santé, son ouverture d’esprit, son aptitude à vivre ou à survivre seront étroitement liées à la qualité et à la pérennité des échanges affectifs. La vie sensuelle proprement dite ne sera qu’un élément, parfois favorisant, d’une relation réussie à l’autre.

Mais il nous faut être réaliste. La vie affective des personnes mentalement handicapées s’illustre souvent par des carences criantes, des ruptures, des dispersions, des frustrations. Tous ces qualificatifs négatifs semblent bien pessimistes. Ils correspondent, hélas, à ce que nous observons au long cours, de la vie de ces personnes. Le désintérêt pour un enfant par exemple peut précéder sa naissance. Les carences de soins, d’interactions mère-enfant peuvent être précoces et aboutir à de véritables catastrophes (dépressions anaclitiques de SPITZ). Ce désamour où désintérêt auront des conséquences, tout au long de la vie pour l’enfant. Et sa vie affective précocement et cruellement traumatisée aura bien du mal à renaître.

Toutes les situations ne sont pas aussi dramatiques. Nous observons le plus souvent des comportements de rejet de la part des parents qui prennent la forme d’un « non-dit ». L’attitude de l’entourage est alors une négligence manifeste mais niée, ou un hyperinvestissement de l’enfant destiné à neutraliser les blessures narcissiques des parents. Dans les meilleurs des cas, quand l’enfant a réellement sa place et est chéri au même titre que ses frères et sœurs, il aura à connaître l’ostracisme des autres, et sa famille ne pourra le protéger du désamour ou désintérêt social. Les cas les plus fréquents sont ceux des enfants qui auront connu des successions, parfois des kyrielles de prises en charge. Dans ces établissements, ils auront connu également une multiplicité de personnels.

Il leur faudra sans cesse investir et désinvestir cet entourage, qui change dans l’année, dans la semaine, dans la journée. Et à l’inverse, les éducateurs et autres intervenants auront rarement l’opportunité de suivre au long cours ceux qui leur sont confiés. En conséquence, chacun reste en quelque sorte sur ses gardes. Pourquoi développer des relations affectives chaleureuses alors qu’elles peuvent être à tout moment rompues ? Personne ne veut souffrir, et ceux qui ont été échaudés restent sur leurs réserves. Et personne n’oublie qu’il ne doit se substituer aux parents, même à ceux qui sont déficients. Et enfin personne n’oublie les accusations qu’il peut encourir à vivre dans une trop grande proximité d’enfants et d’adolescents. Dans les meilleurs cas, quand la vie affective prend le caractère d’une vie amoureuse entre deux personnes handicapées adultes, celles-ci ne seront en fait jamais seules. Le couple constitué devra être suivi et protégé par des parents ou des tuteurs toute la vie.

 

6. Conclusion

Toutes ces considérations ont été développées pour faire comprendre à tous que les personnels des institutions sont à ce jour dans un mouvement destiné à favoriser au mieux toutes les formes de la vie affective de la petite enfance à la vie d’adulte.

Nous sommes bien conscients de ce mouvement de société qui va dans le sens d’un plus de bonheur pour les personne handicapées. Nous souhaitons que tout un chacun sache développer un plus d’altruisme, un plus d’humanisme et un plus d’amour pour aboutir à cet objectif


31/10/2012
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OUI A L'ASSISTANCE SEXUELLE DES PERSONNES EN SITUATION DE HANDICAP EN FRANCE

 

 

 

OUI à l'assistance sexuelle des personnes en situation de handicap en France !

 

2134 - Frédérique Lafon ( 28240) Le 29 octobre 2012 à 17:05

2133 - Laurent SOCHARD (psychosociologue 49000) Le 29 octobre 2012 à 11:04

2132 - Dolores Orlay Moureau (Directrice de délégation APF 30000) Le 27 octobre 2012 à 18:56

2131 - Anna LOSA ( 69960) Le 23 octobre 2012 à 20:11

2130 - alain nugue (adjoint admnistratif 94000 creteil) Le 23 octobre 2012 à 14:48

2129 - Yves Rayant ( France Nantes) Le 23 octobre 2012 à 14:40

2128 - danielle kiefer ( ) Le 22 octobre 2012 à 18:57

2127 - aline hernandez cols (retraitée mère d'un fils handicapé de 33 ans 31320) Le 22 octobre 2012 à 10:55

2126 - Sophie JACOB (AMP ) Le 20 octobre 2012 à 21:55

2125 - esther chopitel ( 78520) Le 18 octobre 2012 à 18:17

 

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31/10/2012
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UNE ASSISTANCE SEXUELLE POUR LES HANDICAPES ?

Une assistance sexuelle pour les handicapés ?

 

 

Vendredi 2 décembre, l’ex-député UMP Jean-François Chossy a remis Premier ministre un rapport sur le regard de la société sur le handicap. Selon lui, «toute personne doit pouvoir recevoir l’assistance humaine nécessaire à l’expression de sa sexualité».

 

Dans un rapport de 27 pages consacré à « L’évolution des mentalités et le changement du regard de la société sur les personnes handicapées », Jean-François Chossy aborde dans un chapitre la question de la vie sexuelle des handicapés. Réalisé à la demande de François Fillon, cette étude soulève la question de l’assistance sexuelle pour les handicapés, jugeant « urgent » de réfléchir sur le sujet.

La question fait rage. Entre les féministes qui assimilent l’assistance sexuelle à de la prostitution, et les défenseurs du statut d’assistant sexuel qui distinguent l’aide d’une part, et la prostitution de l’autre (alors qu’il s’agit tout de même d’un rapport tarifé), on ne sait plus où donner de la tête. Mais attention, être en faveur de l’assistance sexuelle pour les handicapés ne veut pas forcément dire être pour la prostitution.

Thierry Lodé, professeur d’écologie évolutive, paraplégique et libertaire (ce sont ses mots) tientà ce que cette distinction terminologique soit bien claire «Soyons immédiatement clairs : je suis pour l’abolition de la prostitution comme je suis pour l’abolition du travail salarié et contre toutes les oppressions. Et cependant, cela ne m’empêche nullement d’être pour l’assistance sexuelle des handicapé-e-s de même que favorable à l’expression des syndicats des travailleuses et travailleurs du sexe».

Prostitution ou assistance ?

Dans une tribune publiée sur le site de Rue89, le philosophe et sexologue David Simard se penche sur la différence entre ces deux terminologies. Alors, il est vrai qu’il y a tout de même prostitution, dans la mesure où il y a tarification des rapports sexuels. Mais cela ne veut pas dire qu’il y a une relation entre dominant et dominé, et que l’action se déroule sous la contrainte. Et ça, ça fait une sacrée différence.

Dans les pays où le statut d’assistant sexuel existe (Allemagne, Pays-Bas, Danemark, Suisse), le suivi d’une formation, souvent sélective, est un pré-requis obligatoire pour pouvoir accéder au métier d’assistant sexuel. Celle-ci a pour but d’initier les participants à une formation théorique sur les différents types de handicap physiques et mentaux et de manipuler le corps selon leur type de handicap. Elle pousse de surcroît le futur assistant à s’interroger sur son rapport à la sexualité. Il demeure très important que celui-ci ait une vie équilibrée et une sexualité saine.

Le droit à une vie affective

En fait, la question sous-jacente au débat n’est pas celle de la différence entre assistance et prostitution, mais plutôt du droit à une vie affective, comme le souligne Marcel Nuss,  membre du syndicat sexuel et ancien vice président de l’association CH(S)OSE. L'association : "Assohandicap" assohandicap@live.fr.

Marcel milite pour l’accès affectif à la vie affective et sexuelle. Pour lui, « les personnes handicapées sont souvent asexuées. Elles sont manipulées tous les jours. Je dis bien manipulées, pas touchées. L’accompagnement sexuel est là pour reconstruire tout cela. Il permet de redonner à la personne, conscience de son corps, confiance en elle. En ses capacités, en son humanité. C’est primordial. Sans cette affection, les gens sont desséchés, vidés ; ils n’ont plus d’énergie saine ».

Ce discours rejoint tout-à-fait celui de Jean-François Chossy. Tous deux voient davantage en l’assistance sexuelle une prestation sensuelle que purement sexuelle : « cela ne veut pas dire forcément aller jusqu’à l’acte sexuel. Cela peut être une découverte de son corps, des caresses, des câlins, une approche affective. Il faut les aider dans certains cas de la façon la plus simple, la plus digne, la plus humaine possible ».

Un échange réalisé en toute dignité, donc.

A titre informatif, le Magazine Faire Face et l’association CH(s)OSE lancent une pétition sur Internet en faveur de l’assistance sexuelle pour les personnes en situation de handicap en France.

 

 


31/10/2012
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SEXUALITE ET HANDICAP MENTAL

 

 

 

 

Sexualité et handicap mental


1. INTRODUCTION

De nos jours, il semble aller de soi, comme un acquis d'une modernité éclairée, de parler de la sexualité des personnes handicapées mentales, surtout lorsque nous sommes dans un milieu concerné, que ce soit comme parents ou comme professionnels. On affirme alors facilement que ces personnes sont comme tout le monde et que, la sexualité appartenant au domaine privé, nous n'avons pas à nous y intéresser, renvoyant chacun au droit commun comme aux pratiques admises dans le secret des alcôves.

Malheureusement, une telle affirmation relève au mieux d'une volonté naïve que tout se passe bien, au pis d'un pur déni : les difficultés et les nombreuses questions que nous renvoie la réalité de la vie quotidienne sont là pour nous rappeler que rien n'est simple dans ce domaine, essentiellement parce que nous avons affaire à des personnes vulnérables.
Commençons par prendre un peu de recul pour mieux... 
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2. La société historique : le temps du groupe

La société est hiérarchisée et structurée. Les modèles sont prégnants et forts, très nettement sexués ; ils incitent à l'identification. La transmission est clairement établie à tous les niveaux dans de petits groupes qui restent fortement cohésifs, comme le village. Dans ces microsociétés, chacun apprend depuis l'âge le plus tendre, essentiellement par immersion et observation des plus âgés, ce qui est interdit, ce qui se fait et comment. Les partenaires potentiels étant strictement définis, l'appariement (et a fortiori le rapport sexuel) avec une personne déficiente est inimaginable. Cette dernière reste chaste car on ne peut la désirer. Si elle se montre entreprenante, elle entraine des réactions de défense brutales et sans appel. Un comportement inadapté et agressif pourra bien être traité à coups de bâton, jusqu'à ce que la personne qui le présente " entende " raison, c'est-à-dire qu'elle retrouve une attitude neutre ou soumise. C'est encore ainsi que cette situation se règle dans les sociétés traditionnelles.

Dans ce contexte où les interdits sont présents au point de sembler infrangibles, des aménagements sont néanmoins possible jusqu'à permettre les plus improbables accouplements. C'est ce qu'illustre très bien... 
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3. La société actuelle : le temps de l'individu

Dans la société d'aujourd'hui, les modes de relation et de transmission ont bien changé. La contrainte éducative est suspectée de traumatiser les enfants qui deviennent des interlocuteurs équivalents aux adultes. Les différences entre sexes, les âges ou les fonctions sont minimisées ou réfutées. Du coup, tout devient possible, tout paraît négociable.

UN tel fonctionnement est idéal pour remettre en question les interdits fondamentaux puisque, comme aux autres, on leur cherche une légitimité qui relève de la rhétorique (alors qu'ils ne se fondent que sur leur propre nécessité). C'est une porte ouverte à la perversion qui définit sa loi et sa raison. Dans ce contexte,... 
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4. La pulsion comme trait d'union historique

En deçà des figures d'ange ou de bête, l'idée demeure qu'un besoin sexuel existe chez les personnes handicapées mentales, parfois sous une forme pressante qui fait parler de pulsion. Si l'idée est juste, ses déclinaisons le sont moins. Ici, en effet, le terme de pulsion prend une dimension inflationniste, s'apparentant à un désir totalement irrépressible, pouvant conduire la personne qui le vit à des actes irresponsables, inconvenants ou dramatiques, c'est-à-dire, pour être clair, à un viol par exemple, dont seraient victimes préférentiellement de jeunes enfants de surcroît. Croire cela revient à considérer la personne handicapée comme inéducable et insensible aux effets structurants et identifiants de la parole et de l'interdit. Une telle personne ne serait qu'une somme d'instincts voués à la seule satisfaction.

Or, si le concept de pulsion est très complexe,... 
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5. Ecoute et accompagnement

Notre société est devenue individualiste. Comme, dans la négociation, la loi du plus fort menace chacun, le groupe doit défendre les plus démunis. Les handicapés font forcément partie de ceux-ci. Comme ils sont menacés par les pervers potentiels, toute relation dissymétrique sera suspectée et interdite, assimilée à de la pédophilie, par l'intermédiaire de la notion de personne fragile. Pour être licite, une relation devra donc être entérinée par un tuteur (au moins symbolique) alors que nous repérons de plus en plus nettement que nous avons du mal à imaginer que les personnes handicapées aient une autre sexualité que celle qu'ils partageraient entre eux. La sexualité qui en découlera sera sous tutelle.

Avec une telle émotion, nous arrivons à mettre en place une sexualité accompagnée, comme pour certains handicapés moteurs qui ont besoin d'un tiers pour les aider à accomplir des mouvements impossibles et indispensables comme l'intromission du pénis dans le vagin ou dans l'anus. Cette place de troisième (qui n'a rien à voir avec celle du tiers), quand elle n'est pas négociée comme " acte de soins ou l'accompagnement ", relève habituellement du domaine de la perversion.

Dans le cas du handicap mental et sous prétexte de protections, nous aurions donc remplacé une perversion possible et libre par une autre encadrée...
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31/10/2012
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L’ACCOMPAGNEMENT EROTIQUE ET/OU SEXUEL DES PERSONNES EN SITUATION DE HANDICAP

 

 

 L’accompagnement érotique et/ou sexuel des personnes en situation de handicap

L’accompagnement érotique (également appelé assistance sexuelle) des personnes en situation de handicap est un sujet controversé qui soulève des questions éthiques, idéologiques, juridiques et humaines complexes.
Ce servie est légalisé dans de nombreux pays européens. En France, des associations ou personnes concernées militent pour une mise en place réglementée de ce service. D’autres s’y sont farouchement opposées.
Cet article tente d’apporter des éléments d’information objectifs sur le sujet en abordant les points suivants : 

--  Qu’est ce que le handicap ? 
--  Le droit des personnes handicapées à la sexualité 
--  L’accompagnement érotique 
--  Les argument des opposants 
--  Les arguments des défenseurs 
--  D’autres pistes pour améliorer l’accès à la sexualité 
--  Ressources

Qu’est ce que le handicap ?

D’après la loi française, le handicap est défini comme " toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant." (article L114 du code l’action sociale et des familles).
Le handicap recouvre ainsi des réalités très diverses : il peut être mental, psychique, physique ou moteur. 
S’intéresser à la sexualité des personnes concernées par le handicap nécessite de prendre conscience de ces situations très hétérogènes. Chacune recouvre des besoins différents et nécessite des réponses adaptées particulières.

Le droit des personnes handicapées à la sexualité

La vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap a longtemps été taboue et peu prise en compte par les politiques sanitaires et sociales.
Des textes législatifs internationaux et nationaux traitent de la nécessité de reconnaitre ce droit à la sexualité aux personnes concernées et de mettre en œuvre les moyens de leur en assurer l’accès : 
--  la Convention relative aux droits des personnes handicapées des Nations Unies (articles 23 et 25) reconnait aux personnes handicapées le droit de se marier, d’avoir des enfants, d’avoir accès à l’information à l’éducation en matière de procréation et de planification familiale. Le texte précise que les moyens nécessaires à l’exercice de ces droits doivent être fournis. 
--  en France, la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées instaure la notion de compensation des conséquences liées au handicap : "La personne handicapée a droit à la compensation des conséquences de son handicap quels que soient l’origine et la nature de sa déficience, son âge ou son mode de vie." (article 11). Si la sexualité n’est pas mentionnée de façon explicite, c’est sur cette notion de compensation que les défenseurs de l’assistance sexuelle se basent pour légitimer, d’un point de vue juridique, la mise en place de l’accompagnement sexuel dont le but est de permettre l’accès à ce droit fondamental.
A contrario, les opposants estiment qu’il n’existe pas de droit à la sexualité d’un point de vue juridique : celle-ci est une liberté relevant de la sphère privée, où l’état n’a pas à intervenir.

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L’accompagnement érotique et/ou sexuel

L’accompagnement érotique et/ou sexuel consiste à proposer, dans le respect et l’écoute, des services sensuels, érotiques et/ou sexuels à des personnes en situation de handicap, afin de leur permettre de se réapproprier leur corps et d’accéder à la sexualité. Il est exercé par des professionnels rémunérés ayant reçu une formation aux aspects physiques et psychologiques des différents handicaps et qui bénéficient d’un suivi lors de l’exercice de leur activité. L’accompagnant peut prodiguer des services sous forme de massages, caresses, et, dans certains cas, aller jusqu’à l’acte sexuel, qui n’est pas une fin en soi et reste rare. Il peut également aider à la réalisation d’un acte sexuel entre deux personnes étant dans l’impossibilité, du fait de leur handicap, de l’accomplir.
Ce service est légalisé dans de nombreux pays européens (en Allemagne, aux Pays-Bas, au Danemark, en Suisse).

En France, la mise en place de ce service soulève des questions juridiques, car il nécessiterait la modification du code pénal concernant deux aspects : 
--  les abus sexuels sur personne vulnérable (articles 222-24 et 222-29 du code pénal) 
--  la prostitution et le proxénétisme (articles 225-5 à 225-12 du code pénal).
Il se heurte également à de fortes oppositions d’ordre idéologique de la part de personnes l’assimilant à de la prostitution.
L’homme politique Jean-François Chaussy est le porte-parole des associations et organismes défenseurs de l’assistance sexuelle auprès du gouvernement.
Dans un rapport , il présente un plaidoyer pour la règlementation de ce service en France, et en définit le cadre : l’accompagnement sexuel serait réservé aux personnes "n’ayant pas accès à leur propre corps" et exclurait l’acte sexuel. La mise en place d’un cadre éthique et juridique est jugée indispensable pour éviter toute dérive. De même, la notion du consentement éclairé de la personne demandeuse est présentée comme fondamentale. 
--  Pour aller plus loin sur les propositions en France en faveur de l’assistance sexuelle, consulter le chapitre Vie affective et sexuelle consacré au sujet (extrait du rapport sur l’amélioration de vie des personnes en situation de handicap, présenté à l’assemblée nationale par Jean François Chossy, novembre 2011).

En Suisse, l’assistance sexuelle est reconnue et réglementée depuis 2007. Elle est prodiguée par des personnes ayant eu une formation spécifique et qui exercent parallèlement une autre profession. Ce service est accessible également aux personnes handicapées mentales. 
--  Pour en savoir plus sur le métier d’assistant sexuel, lire l’article Assistants sexuels : corps solidaires pour corps solitaires, (magazine Faire Face, n° 684, février 2011).

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Les arguments de ceux qui sont contre

Pour ses détracteurs, ce service, en proposant des prestations "sexuelles" tarifées, s’apparente à de la prostitution, et est contraire aux principes de la dignité humaine.
Par ailleurs, ils déplorent une vision réductrice et discriminante de la vie affective et sexuelle des personnes handicapées. Selon eux, cette mesure n’est pas représentative des demandes, mais émanerait d’une minorité, principalement masculine, dans le but de satisfaire des besoins sexuels. La majorité des personnes concernées ne réclameraient pas un service sexuel, mais la possibilité de vivre une vraie relation affective et sexuelle. 
Ils s’inquiètent également d’une ghettoïsation et d’un maintien dans l’assistanat des personnes handicapées, qu’ils considèrent dégradants.
Enfin, ils s’interrogent sur les risques et effets négatifs de ce service : la difficulté à apprécier le consentement de la personne concernée dans certains cas ; le choix d’un assistant sexuel à sa convenance ; la gestion délicate des liens affectifs qui pourraient se créer et les éventuels abus qui pourraient avoir lieu. 

Les arguments de ceux qui sont pour

Pour ses défenseurs, l’accompagnement érotique et/ou sexuel est une réponse parmi d’autres, adaptée à certaines situations précises qui n’a pas la prétention de résoudre toutes les questions relatives à la sexualité des personnes handicapées.
Elle répond à une demande légitime de certaines personnes qui sont dans l’impossibilité, due à leur handicap, d’utiliser leur corps et de vivre leur sexualité. Cette incapacité est une cause de grande souffrance. Le droit français précise que toute personne souffrant d’un handicap a droit à la compensation de celui-ci.
Une aide humaine extérieure est dans ces cas là indispensable. Si elle est prodiguée par des professionnels formés aux spécificités du handicap et à la psychologie, avec un suivi, dans un cadre éthique et juridique précis, les dérives dont s’inquiètent les opposants devraient selon eux, être écartées.
Ce service permettrait de répondre à des situations difficiles à gérer par des tiers (professionnels et parents démunis face aux demandes sexuelles et à la souffrance des personnes concernées, recours illégal à la prostitution...).
Enfin, ils considèrent que la rémunération est justifiée par une prestation professionnelle réglementée, alors que des initiatives non cadrées peuvent ouvrir la porte à des dérives. 


D’autres pistes pour améliorer l’accès à la sexualité

Aujourd’hui, la question de la sexualité des personnes en situation de handicap est encore taboue et trop peu traitée. Elle nécessite d’être reconnue et défendue. 
D’autres moyens pour permettre l’accès des personnes en situation de handicap à une vie affective et sexuelle épanouie sont à développer : 
--  mettre en place une éducation affective et sexuelle dès le plus jeune âge adaptée aux besoins et aux formes de handicap 
--  travailler à la possibilité d’avoir une vie sexuelle dans les institutions, à des aménagements pour des vies en couple 
--  lutter pour une meilleure intégration des personnes handicapées dans la société, afin qu’elles aient une vie sociale comme tout un chacun, leur permettant de faire des rencontres amicales ou amoureuses.

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Des ressources pour aller plus loin :

 

Ouvrages de référence : 
--   Handicaps et sexualités : le livre blanc / NUSS Marcel, directeur Paris : Dunod, 2008. 260 p

 

 

Disponible au Crips Ile-de-France 
--   Accompagnement érotique et handicaps : au désir des corps, réponses sensuelles et sexuelles avec cœur / AGTHE DISERENS C , VATRE F 
Lyon : Editions de la Chronique Sociale, 2006 ; coll. : Comprendre les personnes. 157 p

 

 

 

Disponible au Crips Ile-de-France

 

Sur le métier d’assistant sexuel

 

En France : 
--  Témoignage d’un assistant sexuel bénévole en France : Moi, Pascal, 50 ans, assistant sexuel, Le parisien, 26 novembre 2010 

 

En Suisse : 
--

 Assistant sexuel en Suisse allemande / Lien social, n° 843, 2007 
--

 La formation en assistance sexuelle : toute innovation implique des risques ! / AGTHE DISERENS C (in Reliance, n° 29, septembre 2008).
Ce document présente la formation d’assistant sexuel aux personnes handicapées (concept, démarche pédagogique...) proposée par l’association suisse SEHP (Sexualité et Handicaps Pluriels). 
--

 

 Assistance sexuelle : un site de Suisse romande dédié à la question

 

 

Des documentaires : 
--  Sexe, amour et handicap / Jean-Michel Carré, Les films Grain de sable / France télévision, 2009, 74 minutes 
Visualiser la présentation et quelques extraits 
--  L’amour sans limites / Samantha Campredon, François Chayé, Production France 5 / System TV / AFM Productions, 2008, 52 minutes

 

 

Lire la description du documentaire sur le site de France 5

 

 

Sur les défenseurs et les détracteurs

 

Des dossiers : 
--  

 Pour : Assistance sexuelle : oser passer à l’acte /in Faire Face, n° 694, février 2011 
--

 Contre : Handicap : "accompagnement sexuel" ou prostitution ? in Bulletin de Prostitution et société, n° 160, janvier 2008

 

Les organismes associatifs : 
Pour : 
--  Le CHS (Collectif Handicaps et Sexualités) a été créé le 7 mars 2008 pour échanger et construire avec les personnes handicapées concernées et les pouvoirs publics, des propositions d’actions pour une meilleure prise en compte de la vie intime, affective et sexuelle des personnes handicapées. Il est composé de l’AFM (Association Française contre les Myopathies), de l’APF (Association des Paralysés de France), de CHA (Coordination Handicap Autonomie), du GIHP (Groupement pour l’Insertion des Personnes Handicapées physiques) et d’Handicap International.
Consulter le texte fondateur de l’association. 
--  L’association CH(S) OSE : pour un accès effectif à la vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap.
Elle a été créée le 5 janvier 2011 à l’initiative du Collectif Handicaps et Sexualités (CHS). Son objectif est de militer en faveur d’un accès effectif à la vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap, notamment à travers la création de services d’accompagnement sexuel.
Lire le communiqué de presse de la création de l’association, qui présente ses arguments en faveur de l’assistance sexuelle.
Consulter le site internet de l’association.

 

Contre : 
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 l’association FDFA (Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir) regroupe des femmes en situation de handicap qui militent pour une meilleure reconnaissance des droits des personnes concernées dans la société, au même titre que tout autre citoyen. 
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 le Mouvement du Nid et la Fondation Scelles sont des associations qui luttent contre la prostitution et défendent la position abolitionniste. 

 

Les organismes institutionnels : 
Pour : 
--  Le CNCPH (Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées), dans son rapport de 2010, affirme le principe du droit à la sexualité des personnes handicapées en se basant sur des textes internationaux et nationaux. Il revendique la légitimité de la création d’un service d’assistance sexuel, car il répond à la notion de droit de compensation due au handicap. Il mène une réflexion sur la nécessité d’organiser ces prestations dans un cadre défini, garantissant la déontologie de cet accompagnement, par la création d’une commission nationale qui aurait pour mission la délivrance d’un agrément pour exercer ce service, en respectant des règles précises.
Consulter l’extrait Vie affective, sexualité et parentalité du rapport qui traite de l’assistance sexuelle

 

Contre : 
--  dans un chapitre intitulé La question de l’assistance sexuelle pour les personnes en situation de handicap extrait du rapport d’information sur la prostitution en France (avril 2011), l’assemblée nationale considère qu’il n’existe pas, d’un point de vue juridique, de droit à la sexualité. Il est contre la mise en place d’un service d’assistance sexuelle contre rémunération qui porterait atteinte au principe de non marchandisation du corps humain, mais se montre favorable à l’existence de ce service dans un cadre bénévole. Il reconnait l’importance de la promotion de l’éducation affective et sexuelle des personnes handicapées dans les institutions.

 

Les prises de positions dans la presse : quelques articles 
Pour : 
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 Pour l’assistance sexuelle des handicapés / par le magazine Faire face (le magazine des personnes ayant un handicap moteur et de leur famille) et l’association CH(s)OSE, Libération, 14 septembre 2011
Présentation du Manifeste pour l’assistance sexuelle en France 
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 Sexe et handicap : ma réponse à Roselyne Bachelot / Alexis GIRSZONAS (étudiant en master de sciences politiques (Paris-X), conseiller municipal (PS) Ville-d’Avray, secrétaire fédéral chargé de la lutte contre les discriminations -Fédération des Hauts-de-Seine du PS), Libération, 26 avril 2011 
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Handicap et sexualité : que ceux qui en ont envie puissent en bénéficier/ Marcel Nuss, Libération, 25 février 2011

Contre : 
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 Les aidants sexuels ou perpétuer la ghettoïsation / Claudine Legardinier, (représentante du collectif féministe Handicap, Sexualité, Dignité), Libération, 20 septembre 2011.
Tribune cosignée par des intellectuels et féministes. 
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 L’assistance sexuelle n’est pas un travail/Roselyne Bachelot, Libération, 21 avril 2011 
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 La sexualité des personnes handicapées relève du social et... du droit ? / Henri Saint Jean (formateur à l’Institut Méditerranéen de Recherche et de Formation en travail Social, Marseille), Le Monde, 15 mars 2011 

Dossier de synthèse réalisé par Elisabeth Selig, documentaliste et Fabrice Selly, animateur de prévention.

 

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30/10/2012
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