HANDI-MENTAUX

HANDI-MENTAUX

ACCOMPLIR LES BESOINS DES HANDICAPE(ES)

 

 

     

 

Introduction :
Les valeurs véhiculées dans notre accompagnement
Population accueillie 
Accomplir les besoins des résidants.
Les besoins de bien-être :
Les besoins de mieux-être : 


La loi 2002-2 de rénovation de l’action sociale a imposé à chaque établissement médico-social de disposer d’un document écrit de référence :

«Le projet d’établissement ou de service définit les objectifs de l’institution, notamment en matière de coordination, de coopération et d’évaluation des activités et de la qualité des prestations, ainsi que de ses modalités d’organisation et de fonctionnement.
Ce projet est établi pour une durée de 5 ans après consultation du conseil de vie sociale ou, le cas échéant, après mise en œuvre d’une autre forme de participation.»

Ecrire un projet d’établissement, au-delà du simple respect des exigences juridiques, c’est construire un outil au service de la promotion de la qualité de l’accompagnement proposé aux résidants accueillis.

C’est également l’occasion de formaliser les missions et les modes de fonctionnement, pour disposer d’une trame de référence en vue de procéder dans un avenir proche à l’évaluation interne et externe de la qualité des prestations proposées, démarche rendue obligatoire par la loi 2002-2 à fréquence régulière.

Le Projet de Maison constitue un support de définition des axes à travailler dans l’accompagnement global des résidants.

Le cadre juridique :

Différents textes législatifs et réglementaires sont à prendre en compte dans notre intervention auprès des résidants.

- La loi 2002-2 : les droits des résidants

La loi 2002-2 précise l’obligation des établissements sociaux et médico-sociaux de garantir à chacune des personnes accueillies «le respect de sa dignité, de son intégrité, de sa vie privée, de son intimité et de sa sécurité»

- La loi du 11 février 2005 et le décret du 20 mars 2009 : populations accueillies, besoins, missions

Les populations accueillies et leurs besoins :

- article D. 344-5-1 :

Les personnes accueillies « présentent une situation complexe de handicap, avec altération de leurs capacités de décision et d'action dans les actes essentiels de la vie quotidienne.»

Cette situation résulte :

1) Soit d'un handicap grave à expression multiple associant déficience motrice et déficience intellectuelle sévère ou profonde et entraînant une restriction extrême de l'autonomie et des possibilités de perception, d'expression et de relation
2) Soit d'une association de déficiences graves avec un retard mental moyen sévère ou profond entraînant une dépendance importante 
3) Soit d'une déficience intellectuelle, cognitive ou psychique sévère ou profonde associée à d'autres troubles, dont des troubles du comportement qui perturbent gravement la socialisation et nécessitent une surveillance constante

- Art.344-5-2

Ces personnes handicapées présentent tout ou partie des besoins suivants :

1) Besoin d'une aide pour la plupart des activités relevant de l'entretien personnel et, le cas échéant, de la mobilité 
2) Besoin d'une aide à la communication et à l'expression de leurs besoins et attentes
3) Besoin d'une aide pour tout ou partie des tâches et exigences générales et pour la relation avec autrui, notamment pour la prise de décision
4) Besoin d'un soutien au développement et au maintien des acquisitions cognitives
5) Besoin de soins de santé réguliers et d'accompagnement psychologique.

Les besoins d'aide mentionnés du 1° au 3° résultent de difficultés dans la réalisation effective des activités concernées qui, lorsqu'elles sont accomplies, ne peuvent l'être qu'avec l'aide d'un tiers ou avec une surveillance continue.

Les besoins d'aide, de soutien ou de soins justifient un accompagnement médico-social soutenu.

Ces besoins sont évalués par l'équipe pluridisciplinaire de la maison départementale des personnes handicapées.

La loi du 11 février 2005 concernant l’égalité des droits et des chances des personnes handicapées, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées énonce le cadre général de notre intervention.

-Art. 344-1-1 :

« Les établissements et services qui accueillent ou accompagnent les personnes handicapées adultes qui n'ont pu acquérir un minimum d'autonomie leur assurent un soutien médico-social et éducatif permettant le développement de leurs potentialités et des acquisitions nouvelles, ainsi qu'un milieu de vie favorisant leur épanouissement personnel et social. »

Ces principes ont été complétés par le décret du 20 mars 2009.

- Art. 344-5-3 :

 Les établissements spécialisés :

1) Favorisent, quelle que soit la restriction de leur autonomie, leur relation aux autres et l'expression de leurs choix et de leur consentement en développant toutes leurs possibilités de communication verbale, motrice ou sensorielle, avec le recours à une aide humaine et, si besoin, à une aide technique
2) Développent leurs potentialités par une stimulation adaptée tout au long de leur existence, maintiennent leurs acquis et favorisent leur apprentissage et leur autonomie par des actions socio-éducatives adaptées en les accompagnant dans l'accomplissement de tous les actes de la vie quotidienne
3) Favorisent leur participation à une vie sociale, culturelle et sportive par des activités adaptées
4) Portent une attention permanente à toute expression d'une souffrance physique ou psychique
5) Veillent au développement de leur vie affective et au maintien du lien avec leur famille ou leurs proches
6) Garantissent l'intimité en leur préservant un espace de vie privatif
7) Assurent un accompagnement médical coordonné garantissant la qualité des soins
8) Privilégient l'accueil des personnes par petits groupes au sein d'unités de vie.

  

L’analyse des situations singulières est une étape nécessaire pour mieux comprendre et répondre aux besoins du groupe que constituent les résidants de chaque maison. Cette évaluation se déroule dans le cadre des projets individuels. Notre observation partagée s’appuie sur l’Echelle Globale d’Evaluation de l’Autonomie (EGEA, adaptée de Barreyre et Peintre, 2004) qui nous permet de mieux objectiver l’autonomie propre au résidant, les effets de son environnement actuel et ses potentialités (voir situation au 1er août 2010 en annexe). Au-delà de l’autonomie, notre évaluation des besoins s’enrichit d’une estimation partagée de la qualité de vie de chacun. Nous utilisons pour cela des échelles adaptées et spécifiques aux populations de chaque maison (QOLBI à Tournesol - Tazopoulou et al., 2005 ; QUALIN à Pivoine - Manificat et al., 2000 ; IQVMR à Dahlia - Tremblay, 1997).

Les besoins de bien-être :

Quelle que soit la maison, il y a des besoins dont les résidants ne doivent pas manquer. Il s’agit d’assurer les besoins vitaux des résidants (Manger, boire, dormir…). L’attention portée à leurs corps témoigne de notre estime et de celle qu’ils ont pour eux-mêmes. Cela se traduit dans le fait d’être propre sur soi, de se laver les dents, les oreilles, les ongles, de se coiffer… Dans ce cadre, respecter l’autonomie du résidant c’est souvent prendre du temps, il s’agit de toujours utiliser au mieux ses potentialités et de tenir compte des fluctuations liées à l’état de santé général, à la fatigue, à l’humeur… il y a des jours où « il ne veut pas » ou ne peut pas ; à nous de comprendre pourquoi et d’ajuster l’aide que l’on apporte dans nos gestes mais aussi par un soutien affectif tout en gardant une juste distance.

Du fait de leurs dépendances, les résidants ont d’autant plus besoin d’une attitude rassurante de notre part. Cela commence par la confiance dans la relation entre les résidants et les encadrants. Cette confiance se construit à travers le respect des espaces privés : le corps, la chambre, les pensées secrètes… La constance dans nos attitudes met également en confiance. Les habitudes du quotidien peuvent paraître routinières mais elles contribuent à ce besoin de stabilité en offrant aux résidants un environnement prévisible. Le moindre petit changement peut être source d’angoisse, de perte de « repères »… quelques mots simples, exprimés en douceur, répétés suffisamment permettent aux résidants d’anticiper ce qu’ils ne peuvent pas contrôler. La sécurité des résidants nécessite aussi d’intervenir sur les risques potentiels (fausses routes, chutes par exemple). Ainsi, l’encadrement, le respect des règles, le fonctionnement global de la maison doit permettre de limiter ces prises de risques.

Vivre dans la maison peut être merveilleux mais tout est question d’acceptation. Acceptation de soi et des autres. L’acceptation de soi passe par notre reconnaissance et notre estime. A nous de mettre en valeur les compétences de chacun au-delà de son autonomie, de voir l’individu à travers le groupe et de partager leurs plaisirs. Chaque résidant a également besoin d’appartenir au groupe, d’être inclus mais également d’accepter l’autre… ce travail de la tolérance nécessite un accompagnement quotidien et il commence par notre propre tolérance. Ce besoin d’appartenance se réalise également en accompagnant les résidants dans leur vie sociale à l’extérieur de la maison et leurs relations familiales. Nous devons ainsi nous rendre disponible pour la famille mais aussi savoir être discret et leur laisser la liberté d’être seul avec leurs proches.

 

 

 

Les besoins de mieux-être :

Chacun a besoin de « grandir », d’évoluer et de mesurer le chemin parcouru. Accompagner le résidant afin qu’il développe un mieux-être au quotidien c’est construire avec lui au sein du groupe, à travers la vie en collectivité, des transformations qui lui seront bénéfiques. Au-delà du groupe, le développement d’une identité propre – incluant l’identité sexuelle et distincte des autres résidants, est nécessaire à chacun. Ces besoins font l’objet des projets individualisés. Au quotidien, les résidants se réalisent dans leur environnement et dans leurs activités propres. Il nous incombe de construire avec eux et de proposer des activités adaptées qui mobilisent la volonté et les potentialités. Notre accompagnement consiste alors à savoir ce que représente pour lui de faire telle ou telle activité, de se mettre ainsi en scène, en représentation (devant autrui ou seul) à travers cette activité : en quoi la réalisation de cette activité l’aide-t-elle à se sentir mieux

 

 



30/10/2012
1 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 7 autres membres